La fille de Liliane Bettencourt veut protéger sa mère de Banier

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* Françoise Bettencourt-Meyers dénonce l'emprise de Banier * Elle l'accuse d'avoir voulu "détruire" sa relation avec sa mère * Elle se défend de toute subornation de témoin BORDEAUX, 30 janvier (Reuters) - La fille de Liliane Bettencourt a accusé vendredi le photographe François-Marie Banier de l'avoir éloignée de sa mère, lui reprochant de s'être livré à une "destruction programmée" de sa relation avec la milliardaire, dont il était le confident. Françoise Bettencourt-Meyers a concentré ses attaques contre le photographe lors d'une longue déposition à la barre du procès des dix personnes soupçonnées d'abus de faiblesse au détriment de l'héritière de L'Oréal, aujourd'hui âgée de 92 ans. "Je m'entendais très bien avec ma mère jusqu'en 1993 et après tout a changé parce que M. Banier prenait de plus en plus de place", a-t-elle dit. "La devise de M. Banier était 'briser pour régner'. C'était une destruction programmée", a-t-elle ajouté. Françoise Bettencourt-Meyers est partie civile à ce procès qui fait suite à une longue enquête ouverte en 2007 quand elle a porté plainte contre François-Marie Banier, à qui il est reproché d'avoir bénéficié de plus de 440 millions d'euros de libéralités et dons divers de la part de Liliane Bettencourt. Ella a déclaré devant le tribunal que peu de temps avant sa mort en 2007, son père André Bettencourt lui avait confié : "M. Banier est un escroc, il y aura un jour un procès". L'influence néfaste qu'elle lui prête atteindra son paroxysme en 2006 quand son propre père la prévient que sa mère ne veut plus la voir. En 2010, jugeant que sa mère paraît de moins en moins consciente de la réalité, Françoise Bettencourt-Meyers demandera à la justice une mesure de protection, qui lui sera refusée. "Je voulais sortir ma mère de ce guêpier. Banier était capable de tout. J'aime ma mère et si j'ai fait tout ça, c'est pour la protéger", a-t-elle dit avec gravité. "RETROUVER MA MÈRE" Deux mois plus tard, elle signe un protocole avec François-Marie Banier dans lequel elle accepte de retirer sa plainte contre un certains nombre d'engagements, dont l'abandon d'un contrat d'assurance-vie de plus de 200 millions d'euros. "Le protocole avec Banier était le meilleur moyen de retrouver ma mère. (...) Le soir même de la signature, nous sommes allés mes enfants et moi voir ma mère. Et on s'est retrouvés", a-t-elle expliqué. Françoise Bettencourt-Meyers s'est défendue de toute subornation de témoin, alors que la justice enquête sur un prêt de 300.000 euros octroyé à l'ancienne comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, un des principaux témoins à charge de l'accusation au procès de Bordeaux, qui vient d'être mise en examen pour faux témoignage. Pour elle, ce prêt, qui s'ajoutait à 500.000 euros présentés comme des indemnités de licenciements, n'était que l'application d'un engagement de son père André Bettencourt. "Mon père avait pressenti qu'un jour elle pourrait être licenciée et il m'avait dit qu'il faudrait l'aider. Elle s'est retrouvée sans emploi avec deux enfants et dans l'impossibilité de trouver un emploi stable", a-t-elle dit de Claire Thibout. Parmi les autres prévenus du procès figurent le gestionnaire de fortune Patrice de Maistre, l'ancien ministre du Budget et ex-trésorier de l'UMP Eric Woerth, entendu jeudi, l'homme d'affaires Stéphane Courbit et un avocat, Pascal Wilhelm. Alain Thurin, un ancien infirmier de Liliane Bettencourt, n'a pu comparaître, après une tentative de suicide qui l'a plongé dans le coma. (Claude Canellas, édité par Yann Le Guernigou)


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