La filière automobile commence à évaluer les dégâts du Brexit

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    par Laurence Frost et Edward Taylor 
    PARIS/FRANCFORT, 24 juin (Reuters) - Les constructeurs 
automobiles, qui avaient été parmi les premiers à se mobiliser 
pour un maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne, 
ont commencé vendredi à évaluer les dégâts que le Brexit menace 
de causer à leur activité. 
    Si elles n'ont pas autant chuté que les financières, les 
valeurs automobiles européennes ont trébuché de 8,8%  .SXAP , 
emmenées par les françaises PSA  PEUP.PA  (-16%) et Renault 
 RENA.PA  (-14%). 
    PSA, quatrième constructeur en Grande-Bretagne avec une part 
de marché de 8,5%, est considéré comme le plus vulnérable à une 
chute de la livre sterling, faute de production locale. 
    Le constructeur a indiqué qu'il serait probablement 
contraint d'augmenter ses tarifs, au prix de la compétitivité de 
ses modèles sur un marché qui risque d'être freiné par le 
Brexit. 
    "Les équipes étudient différents scénarios de réajustement 
des tarifs de ventes des modèles de nos marques pour réagir vite 
aux réactions des marchés", a déclaré un porte-parole, avant 
d'ajouter: "Il est trop tôt pour en mesurer l'impact réel." 
    Avant même l'issue du référendum, plusieurs constructeurs 
avaient exhorté les responsables politiques à préserver une zone 
de libre échange entre le Royaume-Uni et l'UE en cas de Brexit. 
    "De nombreuses questions vont se poser quant à savoir si 
l'on continue à investir au Royaume-Uni pour l'Europe si le 
Royaume-Uni sort d'Europe", a déclaré la semaine dernière sur 
CNBC Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan. 
    Nissan  7201.T  est l'un des constructeurs asiatiques les 
plus exposés sur le long terme car son usine géante de 
Sunderland, en Grande-Bretagne, alimente toute l'Europe. 
    Jaguar Land Rover  TAMO.NS , le principal constructeur 
britannique avec 25.000 emplois, a tenté de rétablir un certain 
calme vendredi en assurant que "rien ne changera pour nous, ou 
pour l'industrie automobile, du jour au lendemain". Mais des 
sources citant des documents internes ont déclaré la semaine 
dernière que la filiale de l'indien Tata estime qu'un Brexit 
amputera son bénéfice annuel d'un milliard de livres en quelques 
années. 
     
    LES IMPORTATEURS PURS LES PREMIERS TOUCHÉS 
    Au total 770.000 personnes travaillent directement ou 
indirectement pour l'automobile au Royaume-Uni, où les ventes 
sont déjà attendues en baisse de 10% cette année, selon Evercore 
ISI, parce que les consommateurs diffèrent les gros achats. 
    Ford  F.N , deuxième constructeur de Grande-Bretagne où il  
emploie 14.000 personnes, surtout dans les moteurs, a promis de 
"faire tout le nécessaire pour s'assurer que son activité 
européenne demeure compétitive et ne s'éloigne pas du chemin 
allant vers une profitabilité durable." 
    Le fabricant de voitures de sport Aston Martin, qui emploie 
1.800 personnes au Royaume-Uni, pourrait lui aussi chercher des 
gains de productivité supplémentaires pour compenser l'éventuel 
impact négatif du Brexit, a déclaré son directeur général Andy 
Palmer à Reuters, même si la baisse de la livre, propice à 
l'export, pourrait en atténuer l'effet. 
    Toute faiblesse de la devise britannique donne un avantage 
compétitif immédiat à ceux qui fabriquent sur place - Nissan, 
JLR, BMW  BMWG.DE  ou GM  GM.N , alors qu'elle pénalise les 
importateurs purs comme PSA, Renault (4,3% de part de marché) ou 
même le leader Volkswagen  VOWG_p.DE , avec une part de marché 
de 18,9% l'an dernier selon Barclays. 
    La puissante association des constructeurs allemands VDA a 
pris la parole pour dire que "les projecteurs doivent être 
braqués de nouveau sur l'idée centrale d'un marché commun" si 
l'on veut que l'Union redevienne un projet séduisant pour les 
électeurs. Le Royaume-Uni demeure le principal marché à l'export 
pour les constructeurs allemands, avec pas moins de 810.000 
véhicules vendus sur place. 
    "Sur le plan géographique, le pays est peut-être une île - 
mais sur le plan politique et économique, ce n'en n'est pas 
une", a observé le président du directoire de Daimler (Mercedes) 
 DAIGn.DE , Dieter Zetsche. 
 
 (Avec Costas Pitas à Londres, Norihiko Shirouzu à Pékin et 
Naomi Tajitsu à Tokyo,  Gilles Guillaume pour le service 
français, édité par Jean-Michel Bélot) 
 

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