La Fifa suspend Sepp Blatter et Michel Platini pour 90 jours

le , mis à jour à 15:52
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(Actualisé avec précisions, réaction de Blatter, confirmation d'Hayatou à la présidence) ZURICH, 8 octobre (Reuters) - Le président de la Fifa, Sepp Blatter, et celui qui faisait jusqu'ici figure de favori pour sa succession, le président de l'UEFA Michel Platini, ont été suspendus de toute activité liée au football pour une durée minimale de 90 jours, a annoncé jeudi la commission d'éthique de la Fifa. Ces sanctions, susceptibles d'appel non suspensif, sont le dernier rebondissement en date du scandale de corruption qui secoue l'organe du football mondial depuis le mois de mai et qui avait déjà contraint Sepp Blatter, à sa tête depuis 1998, à annoncer le 2 juin la remise en jeu de son mandat au lendemain de sa réélection. "Pendant cette période (de 90 jours), ces personnalités sont exclues de toute activité liée au football au niveau national et international", précise un communiqué de la commission d'éthique selon lequel les suspensions pourraient être prolongées de 45 jours supplémentaires. Réunie depuis lundi à Zurich, la commission a également suspendu pour 90 jours le secrétaire général de la Fifa, le Français Jérôme Valcke, déjà mis à l'écart par l'organisation, et exclu pour six ans l'ancien vice-président de la Fifa Chung Moong-joon. Le Sud-Coréen, autre candidat possible à la succession de Sepp Blatter, devra en outre s'acquitter de 100.000 francs suisses d'amende. BLATTER RELEVÉ DE SES FONCTIONS La Fifa a indiqué que Sepp Blatter avait été immédiatement relevé de ses fonctions et qu'il n'était "plus habilité à représenter la Fifa, à agir ou à s'exprimer en son nom", y compris dans les médias. Il est remplacé à titre intérimaire par le plus ancien vice-président de la Fifa en exercice, le Camerounais Issa Hayatou, président de la Confédération africaine, lui-même mis en cause par la commission d'éthique du Comité international olympique (CIO) en 2011 pour conflit d'intérêt. Les avocats de Sepp Blatter ont critiqué la décision de la commission d'éthique, estimant que celle-ci n'avait pas respecté son propre code d'éthique et de discipline en ne donnant pas à leur client la possibilité de se défendre. Ils ont assuré que le dirigeant suisse, âgé de 79 ans, fournirait la preuve qu'il n'a rien commis de répréhensible. La justice suisse a ouvert le mois dernier une procédure pénale contre Sepp Blatter pour des soupçons de corruption lors de la vente des droits télévisés des Coupes du monde 2010 et 2014 à un prix très en-dessous du marché au président de la Fédération des Caraïbes, Jack Warner, et pour le versement de deux millions de francs suisses (1,8 million d'euros) à Michel Platini en 2011. La patron de la Confédération européenne, dont le statut a été décrit par le procureur comme se situant "entre celui de témoin et d'accusé", assure que la somme qui lui a été versée l'a été en toute légalité en rétribution d'un travail fourni dix ans plus tôt. PLATINI CONFIRME SA CANDIDATURE Clamant son innocence, Michel Platini a confirmé jeudi matin, avant l'annonce de sa suspension, qu'il serait candidat à la présidence de la Fifa lors du congrès électif extraordinaire programmé le 26 février prochain. Il a annoncé avoir déposé toutes les lettres de soutien requises à cette fin. "Que personne ne doute de ma volonté déterminée à atteindre cet objectif", a dit dans un communiqué l'ancien international français, en s'en remettant "à une justice sereine, indépendante et impartiale (pour) faire la lumière sur les faits qui ont valu à la commission d'éthique de la Fifa d'ouvrir une procédure d'instruction". Dans le cas où sa suspension serait prolongée de 45 jours, Michel Platini ne pourrait toutefois pas reprendre d'activité liée au football avant le 20 février 2016, soit moins d'une semaine avant la date prévue pour le congrès de la Fifa. La présidence de l'UEFA devrait entre temps revenir au président de la Fédération espagnole, Angel Maria Villar, qui aurait aussi été la cible, selon des informations de presse, d'une enquête interne à la Fifa pour des infractions présumées au code d'éthique lors de la candidature commune de l'Espagne et du Portugal pour la Coupe du monde 2018, finalement attribuée à la Russie. La commission d'éthique n'est pas habilitée à confirmer ou démentir l'ouverture d'une telle procédure. (Joshua Franklin et Simon Evans; Tangi Salaün pour le service français)

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