La FIFA diligente une enquête interne sur les cas de corruption

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ENQUÊTE INTERNE À LA FIFA SUR LES CAS DE CORRUPTION PRÉSUMÉE
ENQUÊTE INTERNE À LA FIFA SUR LES CAS DE CORRUPTION PRÉSUMÉE

par David Ingram et Simon Evans

(Reuters) - La Fédération internationale de football (FIFA) a diligenté une enquête interne sur les cas de corruption présumée concernant certains de ses membres dirigeants, indiquent deux sources proches du dossier.

Les membres de la commission exécutive de la FIFA ont été informés de cette procédure interne lors d'une réunion à huis clos le mois dernier à Zurich, précisent à Reuters ces deux sources s'exprimant sous le sceau de l'anonymat.

La conduite de l'enquête a été confiée au cabinet juridique américain Quinn Emanuel Urquhart & Sullivan et sera conduite en parallèle à celles menées d'une part par les autorités américaines et d'autre part par les autorités suisses.

Le résultat de cette procédure interne devrait être transmis aux autorités concernées.

L'instance dirigeante du football mondial se trouve prise dans un scandale de corruption présumée depuis l'arrestation de plusieurs de ses membres deux jours avant son 65e congrès qui s'était conclu par la réélection du président Sepp Blatter pour un cinquième mandat.

La justice américaine a engagé des poursuites contre neuf dirigeants ou anciens dirigeants de la FIFA ainsi que contre cinq dirigeants d'entreprises partenaires de l'organisation sportive dans le cadre d'une enquête portant sur plus de 150 millions de dollars de pots-de-vin et de rétrocommissions.

La Fifa avait seulement fait savoir qu'elle avait engagé Quinn Emanuel pour représenter ses intérêts dans les enquêtes américaine et helvétique.

Reuters n'a pas pu établir quel était le stade d'avancement de la procédure interne, ni combien de temps celle-ci pourrait durer.

"Nous sommes déterminés à améliorer notre organisation et à continuer à renforcer la gouvernance et la responsabilité de la FIFA. Notre travail dans ce domaine est en évolution constante et nous sommes focalisés sur l'instauration des plus hauts critères pour la communauté internationale du football", a déclaré un porte-parole dans un communiqué.

ESPOIR DE CLÉMENCE

Des spécialistes notent qu'une enquête interne de ce type est monnaie courante dans le monde de l'entreprise et souvent cette initiative est prise pour exprimer la volonté des dirigeants de coopérer avec les autorités publiques en cas de procédure judiciaire.

En offrant spontanément de fournir des informations sur d'éventuelles infractions, les entreprises qui entreprennent cette démarche espèrent une clémence de la part de la justice américaine lorsque celle-ci décide soit d'engager des poursuites, soit de réclamer une amende.

Le département américain de la Justice a fait savoir que l'enquête confiée au FBI se poursuivait et que de nouvelles personnes pourraient être à leur tour visées.

L'enquête des autorités suisses se concentre, elle, sur les conditions d'attribution de la Coupe du monde 2018 à la Russie et 2022 au Qatar.

Les avocats du cabinet Quinn Emanuel ont précisé le mois dernier lors de leur présentation devant la commission exécutive de la Fifa qu'ils rendraient compte de leurs travaux à Marco Villiger, le conseiller général de la fédération, et non au président Sepp Blatter ou au secrétaire général Jérôme Valcke.

Marco Villiger est le directeur des affaires juridiques de la FIFA depuis 2007. Il s'occupait auparavant des questions disciplinaires.

Sepp Blatter ayant décidé de ne pas accomplir son nouveau mandat à la tête de la fédération internationale, cette dernière élira un nouveau président en février prochain, mandat pour lequel le Français Michel Platini s'est déclaré candidat.

On ignore quelles conséquences l'élection du nouveau dirigeant pourrait avoir sur l'enquête interne en cours.

(Pierre Sérisier pour le service français)

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