La Fifa choisit son nouveau président, sans Blatter ni Platini

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    * Congrès extraordinaire de la Fifa vendredi 
    * Les délégués doivent désigner le successeur de Sepp 
Blatter 
    * Et voter des réformes après les affaires de corruption 
révélées l'an dernier 
    * Cinq candidats en lice, inquiétudes sur la transparence 
    * Le Français Michel Platini toujours suspendu 
 
    par Brian Homewood et Simon Evans 
    ZURICH, 24 février (Reuters) - La Fédération internationale 
de football (Fifa) se réunit vendredi en congrès extraordinaire 
pour choisir le successeur de son président démissionnaire Sepp 
Blatter et adopter un vaste programme de réformes visant à 
restaurer son image, entachée depuis l'an dernier par une 
retentissante affaire de corruption. 
    Le report de l'élection, demandé par le prince jordanien Ali 
bin al Hussein, l'un des candidats à la présidence, a été refusé 
par le Tribunal arbitral du sport (TAS), la plus haute 
juridiction sportive. 
    Outre le prince Ali bin al Hussein, quatre autres candidats 
sont en lice vendredi à Zurich : le Français Jérôme Champagne, 
l'Italo-Suisse Gianni Infantino, le cheikh bahreïni Salman bin 
Ebrahim al Khalifa et le Sud-Africain Tokyo Sexwale. 
    La Fifa a appelé ses membres à soutenir les réformes qui 
seront présentées lors du congrès, et notamment une limitation 
de la durée des mandats cumulés des plus hauts responsables et 
la publication de leurs revenus. Sepp Blatter, réélu en mai pour 
un cinquième mandat, avant de démissionner dans la foulée, a été 
pendant plus de 17 ans à la tête du football mondial. 
    L'instance dirigeante du football mondial cherche à rétablir 
sa réputation, entachée depuis mai dernier par la révélation 
d'une vaste affaire de corruption. Le département américain de 
la Justice a lancé des poursuites contre plusieurs dirigeants de 
la Fifa et contre des dirigeants de sociétés liées à la 
commercialisation et à la promotion du football pour versement 
de pots-de-vin estimés à plus de 150 millions de dollars.  
    Une enquête a également été ouverte en Suisse. 
    Sepp Blatter espérait participer au congrès mais une 
décision de la commission de recours de la Fifa est venue 
confirmer sa suspension, raccourcie à six ans au lieu de huit, 
comme celle du Français Michel Platini. 
    L'ex-président de l'UEFA avait prévu d'être candidat à la 
succession du Suisse jusqu'à ce que sa suspension, lui 
interdisant toute activité dans le football au niveau national 
et international, anéantisse ses espoirs. 
    Blatter, qui est âgé de 79 ans, et Platini, de 60 ans, ont 
été tous deux suspendus le 8 octobre dernier par la commission 
d'éthique de la Fifa en raison de doutes sur la légalité d'un 
versement de deux millions de francs suisses (1,8 million 
d'euros) versé en 2011 par Blatter à Platini pour une mission 
effectuée entre 1998 et 2002. 
     
    "DÉCISION POLITIQUE" 
    Michel Platini a estimé mercredi que la décision de la 
commission de recours était "insultante, honteuse et un déni de 
droit". Les motifs retenus sont "sans fondement, construits de 
toutes pièces et surréalistes", a affirmé l'ancienne star du 
football français.   
    Jugeant que le maintien de sa suspension était une "décision 
politique" prise par un "système" qui a voulu l'empêcher de se 
présenter à la présidence de la Fifa, le Français a fait part de 
présenter un recours devant le TAS.     
    Inquiets que le secret du vote de vendredi ne soit violé par 
les délégués qui pourraient prendre des photos de leur bulletin 
avec leur téléphone portable, le prince Ali bin al Hussein a 
demandé l'installation d'isoloirs transparents, sans obtenir 
gain de cause auprès du TAS. 
    D'autres candidats ont fait part de leur inquiétude. Le 
Français Jérôme Champagne a dit qu'il allait contester devant le 
TAS le nombre d'observateurs autorisés au congrès, qu'il juge 
trop important, sans toutefois vouloir retarder sa tenue. 
    Jérôme Champagne et Ali bin al Hussein se disent inquiets du 
rôle des confédérations continentales de la Fifa, comme l'UEFA, 
dont des membres ont été accrédités à titre d'observateurs, et 
dont les commentaires pourraient peser dans le choix d'un 
candidat. 
    L'élection du nouveau président revient aux 209 fédérations 
nationales de football membres de la Fifa, dont chacune vote à 
bulletin secret, ce qui leur permet en théorie toute liberté 
face aux consignes des confédérations continentales. 
    Le secrétaire général de l'UEFA Gianni Infantino et le 
cheikh bahreïni Salman Bin Ibrahim Al Khalifa sont donnés 
favoris pour succéder à Sepp Blatter. 
    Le président par intérim de la Fifa Issa Hayatou a appelé 
les fédérations nationales à voter pour les réformes, les 
jugeant "décisives" pour l'avenir de l'organisation. 
    "Le monde a les yeux rivés sur nous cette semaine après ce 
qui restera une des plus difficiles périodes de notre histoire", 
a-t-il déclaré, selon un communiqué publié par la Fifa. 
    "L'adoption de ces réformes va envoyer un message fort, 
signalant que nous avons entendu et que nous prenons les mesures 
nécessaires pour regagner la confiance et améliorer notre 
performance." 
 
 (Pierre Sérisier et Julie Carriat pour le service français, 
édité par Danielle Rouquié) 
 
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