La FFT pourrait se tourner exclusivement vers des chaînes payantes pour Roland-Garros

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La FFT pourrait se tourner exclusivement vers des chaînes payantes pour Roland-Garros
La FFT pourrait se tourner exclusivement vers des chaînes payantes pour Roland-Garros

La Fédération française de tennis espérait toucher le pactole lors de la vente des droits de retransmission du tournoi de Roland-Garros. Pour cela, elle a découpé les droits du tournoi en trois lots distincts dont un censé attiré les chaines payantes, et en particulier beIN Sport. Cet appel d'offres a tourné court avec une FFT contrainte de déclarer l'appel d'offres infructueux par manque d'offres. Au final, la FFT a vu Canal+ et beIN Sport ne pas faire de proposition et France Télévisions ne pas respecter les règles de l'appel d'offres en faisant une offre globale.

Canal+ et beIN Sport démarchés

Face à cette impasse, la FFT va devoir réagir. Le directeur général de la Fédération, Gilbert Ysern, est revenu sur ce sujet dans une interview accordée au quotidien Le Figaro. D'abord interrogé sur l'absence d'intérêt exprimé par Canal+ et beIN Sport, il affirme vouloir en discuter avec les dirigeants des chaines : « Je dois rencontrer l'une des deux chaînes dans dix jours et l'autre d'ici à trois semaines. Je leur poserai la question. On a le temps, on n'est pas pressé ». Gilbert Ysern se dit aussi déçu de l'absence de réponse de beIN Sport : « Je suis très déçu par l'absence d'offres de beIN Sport alors que la chaîne est dans une logique d'acquisition de droits » mais reste confiant : « je ne crois pas un seul instant que Roland-Garros ne les intéresse pas. Personne ne peut dire "Roland-Garros ne m'intéresse pas" ».

France Télévisions critiquée

Quant aux propositions pour les droits en clair, seul France Télévisions a répondu avec une proposition englobant l'intégralité du tournoi, alors que l'appel d'offres ne prévoyait pas cela, et à un montant inférieur à celui payé actuellement par le groupe audiovisuel public. Gilbert Ysern ne semble pas avoir apprécié l'attitude de France Télévisions : « Je ne comprends pas cette offre et ce message désobligeant : "Je veux tout, pour pas cher". Ce message est aussi en contradiction avec les intentions de France TV. Les dirigeants de la chaîne ont toujours affirmé qu'ils voulaient garder Roland-Garros mais qu'ils n'avaient pas assez d'argent pour payer l'intégralité du tournoi. Je comprends que l'État souhaite que les grands événements sportifs soient diffusés en clair et que la chaîne ait un budget revu à la baisse. Mais je regrette que notre diffuseur ne joue pas le jeu. S'il n'est plus intéressé par notre tournoi, nous en tirerons les conséquences ».

Un appel d'offres refusé par les chaînes

Les conséquences dont parle Gilbert Ysern pourraient être la vente des droits uniquement à des chaines payantes, alors que le décret sur les événements sportifs d'importance majeure n'oblige que la diffusion des finales des simples hommes et femmes : « Avant d'y aller (vendre l'intégralité du tournoi à des chaînes payantes), on y réfléchira à deux fois. La Fédération veut que Roland-Garros soit diffusé sur des chaînes gratuites. Mais les diffuseurs gratuits le souhaitent-ils et à des conditions satisfaisantes ? Aujourd'hui, ce n'est pas le cas ». Que va faire la FFT concernant cette vente ? Gilbert Ysern déclare qu'un nouvel appel d'offres est hors de propos et va engager des négociations de gré-à-gré mais concède que les conditions de l'appel d'offres n'ont pas aidé à le rendre pertinent pour les diffuseurs potentiels : « Je pensais que notre dispositif était pertinent pour toutes les chaînes. La réponse du marché est claire. Nous devons revoir notre copie. Maintenant, si les propositions ne sont à nouveau pas satisfaisantes, nous n'allons pas renoncer à beaucoup d'argent ».

Droits TV et agrandissement, deux dossiers non liés

En ce qui concerne un possible objectif de montant, le directeur général de la FFT espère simplement plus que les 15 millions d'euros payés par France Télévisions actuellement et souhaite séparer ce dossier de celui de l'agrandissement du Stade Roland-Garros, dont une partie du financement pourrait provenir de l'augmentation du montant des droits de retransmission du tournoi : « Non, il ne faut pas voir cet appel d'offres infructueux comme un coup d'arrêt. Il n'y a pas péril en la demeure. La Fédération est en bonne santé, elle gagne de l'argent. L'enjeu des droits TV n'est pas vital ». Reste maintenant à voir si les chaînes payantes que sont Canal+ et, surtout, beIN Sport, qui devrait bientôt faire main basse sur les droits de l'ATP World Tour, vont changer d'avis quant à l'achat de tout ou partie des droits de Roland-Garros. Et quid de France Télévisions qui a jeté un pavé dans la mare lors de l'appel d'offres ?

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