La fédération PS des Bouches-du-Rhône placée sous tutelle

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MISE SOUS TUTELLE DE LA FÉDÉRATION PS DES BOUCHES-DU-RHÔNE
MISE SOUS TUTELLE DE LA FÉDÉRATION PS DES BOUCHES-DU-RHÔNE

PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste français a décidé mardi de mettre sous tutelle la fédération des Bouches-du-Rhône, fragilisée par plusieurs affaires de corruption et paralysée par des querelles locales, en vue des élections municipales de 2014.

Le Bureau national du PS a approuvé une proposition du Premier secrétaire Harlem Désir qui confie les rênes de la fédération jusqu'au 31 mars 2014 au secrétaire national aux fédérations Alain Fontanel et au secrétaire national aux élections Christophe Borgel qui prennent la tête d'une direction collégiale.

Une Haute autorité pour les primaires sera composée de personnalités reconnues pour leur indépendance afin d'organiser des "primaires irréprochables, en toute transparence et en toute équité."

"La préparation des élections municipales dans le département exige de créer les conditions pour réussir nos primaires citoyennes et remporter les échéances qui les suivront, notamment à Marseille et à Aix en Provence", explique le Bureau national dans un communiqué.

"Les divisions et les dysfonctionnements que connaissent la fédération sont un obstacle à la bonne préparation des élections municipales. De plus, les préconisations du rapport remis par Alain Richard en vue de la rénovation de la fédération n'ont pas été intégralement mises en ?uvre", ajoute-t-il.

Le député-maire du premier secteur de Marseille Patrick Mennucci salue la mise sous tutelle de la fédération locale.

"Harlem Désir a parfaitement compris que dans notre situation seule les Primaires citoyennes peuvent dépasser les contradictions, les oppositions qui bloquent depuis de longs mois notre fonctionnement", écrit-il sur son blog.

La sénatrice PS dans les Bouches-du-Rhône et candidate déclarée aux primaires socialistes pour les municipales 2014 Samia Ghali a pris acte de cette décision.

"Les militants en ont vu pas mal de choses depuis pas mal de temps. J'espère simplement que nous allons maintenant pouvoir organiser ces primaires puisque, apparemment, plus aucun obstacle ne s'y oppose", a-t-elle dit à Reuters.

"MOMENT CRUCIAL"

Le placement sous tutelle de la fédération avait été préconisé la semaine dernière par le vice-président socialiste du conseil général des Bouches-du-Rhône, Michel Pezet.

"Je ne peux rester silencieux devant les graves dysfonctionnements politiques et démocratiques de notre Fédération. Ils entraîneront rapidement sa balkanisation si rien n'est fait pour l'empêcher", avait-il écrit dans un communiqué.

Sur son compte Twitter mardi, il estime que cette décision marque "un moment crucial dans la vie de notre parti dans le département, le plus important depuis bien des années."

La Fédération socialiste des Bouches-du-Rhône est secouée depuis 2011 par une série d'affaires de corruption.

Le président PS du Conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, mis en cause pour licenciement présumé abusif d'un ancien membre de son cabinet, a été mis en examen début mars pour détournement de fonds publics.

La justice soupçonne le sénateur d'avoir "arrangé" le licenciement de Jean-David Ciot, élu depuis lors député PS d'Aix-en-Provence et actuel responsable de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône.

L'objectif aurait été de permettre à ce dernier de percevoir des indemnités de départ pour mieux préparer les élections législatives de 2012, lors desquelles il a affronté l'actuelle maire UMP d'Aix-en-Provence, Maryse Joissains.

David Ciot est pour sa part mis en examen pour recel de détournement de fonds publics.

MALVERSATIONS

Jean-Noël Guérini est également mis en examen pour association de malfaiteurs dans une affaire de malversations présumées sur les marchés publics de la région marseillaise.

Malgré ses ennuis judiciaires, l'élu socialiste a réaffirmé sa volonté de demeurer à son poste et a annoncé qu'il briguerait sa propre succession.

La dernière affaire en date concerne la députée socialiste Sylvie Andrieux, jugée à Marseille pour des faits présumés de détournement de fonds publics. Deux ans de prison avec sursis, 50.000 euros d'amende et cinq ans d'éligibilité ont été requis lundi à son encontre.

L'élue est soupçonnée d'avoir fait verser environ 740.000 euros à des associations de sa circonscription pour obtenir les voix d'électeurs entre 2005 et 2007, lorsqu'elle était vice-présidente du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca).

En mars 2011, le député PS et actuel ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg avait recommandé dans un rapport la mise sous tutelle de la fédération par la direction du parti et la "destitution" de son président, Jean-Noël Guérini.

Marine Pennetier, avec Jean-François Rosnoblet à Marseille, édité par Patrick Vignal

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  • M3435004 le mardi 19 mar 2013 à 20:54

    Un ra-ma-ssis de men-teurs de v0leurs et de p0urris ma-fieux. Et pas qu'à Marseille !