La Fédération française de handball va bien, dit son président

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par Chrystel Boulet-Euchin

PARIS (Reuters) - Joël Delplanque, le président de la Fédération française de handball (FFHB), s'est voulu rassurant mardi sur la situation de son sport entaché par une affaire de paris illicites et de soupçons de match truqué.

Des joueurs, dont le champion olympique Nikola Karabatic, et des membres de leur entourage sont soupçonnés d'avoir empoché plus de 250.000 euros de gains après avoir parié sur la défaite surprise du Montpellier Handball face à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine) en championnat de France en mai dernier.

"La Fédération française va bien. Nous avons enregistré une augmentation de 9% de nos licenciés ces dernières semaines et tous nos partenaires, à commencer par la Française des Jeux, nous ont dit qu'ils continuaient à nous soutenir", a déclaré Joël Delplanque lors d'une conférence de presse.

Le président de la FFHB a réaffirmé son soutien au club de Montpellier et à ses dirigeants.

"Ces hommes ont dit qu'ils prendraient leurs responsabilités et je m'en félicite", a-t-il dit avant d'aborder le fond du problème.

"Sur cette affaire, il y a d'abord eu l'effet de surprise, ensuite nous avons réfléchi et dès vendredi, nous nous sommes portés partie civile. Je suis déterminé à faire face à cette situation et à la traiter en conséquence quand on aura tous les éléments afin de voir quelle est la conduite à suivre."

Joël Delplanque a reconnu avoir eu du mal à croire aux révélations faites la semaine dernière et a admis que l'image du handball était "malmenée".

"Mais ce n'est pas parce qu'il y a une secousse que l'on va changer notre ligne de conduite, au contraire", a-t-il ajouté. "Dire qu'il n'y a pas de risque serait naïf mais nous surmonterons cette difficulté."

"LE HAND EST AU-DESSUS DE TOUT ÇA"

Concernant Nikola Karabatic, l'icône du hand tricolore, double champion olympique, du monde et d'Europe, le président a admis qu'il faudrait, s'il était reconnu coupable, "peut-être trouver une autre idole".

"On ne sait pas pour l'instant mais de toute façon, après Niko, il y en aura un autre, puis encore un autre."

Même son de cloche chez Philippe Bana, le directeur technique national, joint par Reuters au téléphone.

"Il y a de la tristesse et de la souffrance. On s'est toujours battu pour l'éthique (...) Mais il nous faut des faits avérés, on attend ça avec impatience", a dit le DTN.

"Je suis content de voir que les clubs ne sont pas impliqués. Il y a maintenant chez nous la volonté de montrer que le hand ne peut pas être réduit à ça (...) On a toujours oeuvré sur les valeurs. Le hand est au-dessus de tout ça. Il faut éviter les amalgames et se tourner vers l'avenir."

Et l'avenir proche, c'est un match qualificatif pour l'Euro 2014, le 1er novembre contre la Lituanie, à Rennes, qui risque de voir le sélectionneur, Claude Onesta, privé de certains ses atouts maîtres comme Nikola Karabatic, bien sûr, mais aussi Samuel Honrubia, qui évolue aujourd'hui au Paris Saint-Germain Handball et qui est également mis en cause.

"S'il s'avère qu'ils ont commis une erreur, ils devront d'abord la payer et pendant le temps qu'ils payeront cette erreur, bien évidemment, l'équipe de France ne pourra pas jouer avec des joueurs qui ne jouent pas en club et qui n'ont pas d'activités sportives", a dit Onesta sur RTL.

"Viendra ensuite le temps du pardon", a-t-il ajouté.

Joël Delplanque a, lui, assuré que, quoi qu'il en soit, l'équipe de France serait compétitive et que la liste des joueurs retenus, habituellement communiquée trois semaines avant la rencontre, pourrait l'être une dizaine de jours plus tard.

Edité par Jean-Stéphane Brosse

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