La Fed veut mieux encadrer les banques présentes dans l'énergie

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    WASHINGTON/NEW YORK, 23 septembre (Reuters) - La Réserve 
fédérale américaine a présenté vendredi un projet visant à 
limiter les positions prises par les grandes banques de Wall 
Street sur le marché de l'énergie, en les forçant à augmenter 
les fonds propres couvrant les risques liés à ces 
investissements. 
    Les règles actuelles autorisent des établissements tels que 
Goldman Sachs  GS.N  ou Morgan Stanley  MS.N  à investir dans le 
stockage et le transport d'énergie davantage que d'autres 
banques, mais le nouveau projet de la banque centrale rendrait 
ces investissements plus coûteux en capital, donc 
potentiellement moins rentables. 
    Si son projet est appliqué, les banques devront en effet 
détenir davantage de fonds propres pour couvrir les risques 
inhérents à leurs prises de position dans l'énergie et les 
matières premières.  
    La Fed envisage aussi d'interdire à des institutions 
financières de contrôler des centrales électriques ou encore à 
des holdings bancaires de posséder des stocks de cuivre. 
    La publication de projet donne le coup d'envoi d'une phase 
de commentaires et de débats de trois mois, et il peut être 
modifié.  
    La Fed estime que la mise en oeuvre de ses propositions 
permettrait de protéger les banques et l'ensemble du système 
financier contre des mésaventures coûteuses telles que la 
catastrophe de l'explosion de la plate-forme pétrolière 
Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique en 2010. 
     
    LES BANQUES CONCERNÉES ONT DÉJÀ RÉDUIT LA VOILURE 
    Dans son projet, les banques devraient détenir environ un 
dollar de fonds propres pour chaque dollar investir dans les 
infrastructures énergétiques.  
    Pour respecter ces règles, les banques de Wall Street 
pourraient donc devoir lever quelque quatre milliards de dollars 
de capitaux.  
    Les institutions financières visées ont déjà commencé à 
réduire leurs investissements dans le raffinage, le transport et 
le stockage d'énergie, une activité de plus en plus surveillée 
par les autorités.  
    Morgan Stanley a ainsi ramené la valeur globale de ses 
positions sur le marché des matières premières physiques à 321 
millions de dollars (286 millions d'euros)en 2015 contre 9,7 
milliards en 2011.  
    Goldman Sachs s'est elle aussi séparée de la majeure partie 
de ses infrastructures d'énergie mais elle reste un acteur de 
premier plan du courtage de carburants fossiles.  
    J. Aron, la filiale de matière première de Goldman Sachs, a 
ainsi échangé au deuxième trimestre plus de gaz naturel que les 
compagnies Chevron  CVX.N  et Exxon Mobil  XOM.N  à elles deux, 
selon la publication spécialisée Natural Gas Intelligence. 
    Morgan Stanley et Goldman Sachs ont refusé de commenter les 
propositions de la Fed vendredi.  
    Entre 2007 et 2009, le courtage de matières premières 
représentait pour ces deux banques et certaines autres jusqu'à 
20% des revenus annuels totaux. 
    Depuis la crise financière, le durcissement de la 
réglementation de ce marché a toutefois eu pour effet de 
concentrer la majeure partie des activités de courtage de 
matières premières entre les mains de spécialistes comme 
Glencore  GLEN.L , Vitol Group ou Mercuria Energy Group.  
     
 
 (Patrick Rucker et Olivia Oran; Marc Angrand pour le service 
français) 
 

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