La Fed va maintenir le cap, promet Janet Yellen

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JANET YELLEN JUGE QUE LA REPRISE DE L'EMPLOI AUX USA EST LOIN D'ÊTRE COMPLÈTE
JANET YELLEN JUGE QUE LA REPRISE DE L'EMPLOI AUX USA EST LOIN D'ÊTRE COMPLÈTE

par Jonathan Spicer et Jason Lange

WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale n'entend pas bouleverser sa politique monétaire, a prévenu mardi sa nouvelle présidente Janet Yellen, tout en précisant que la reprise incomplète observée sur le front de l'emploi ne la dissuaderait pas de poursuivre sur la voie de la diminution du montant de ses rachats d'actifs.

S'exprimant devant la Chambre des représentants, Janet Yellen a eu quelques échanges musclés avec certains élus républicains, sur la question de la régulation financière et sur celle de l'indépendance de la Fed, tout en s'employant à rassurer les marchés sur sa volonté de s'inscrire dans les pas de son prédécesseur Ben Bernanke.

La Fed, a-t-elle dit, doit surveiller avec attention l'évolution de l'emploi, et tout particulièrement le niveau préoccupant du chômage à long terme ainsi que celui des Américains contraints à l'emploi à temps partiel.

Même si le taux de chômage a diminué de 1,5 point depuis l'amorce en septembre 2012 du dernier programme d'achats obligataires, il est à 6,6% et donc "bien supérieur au niveau" que la Fed juge cohérent avec une situation de plein emploi viable, a-t-elle poursuivi devant la commission des Services financiers de la Chambre des représentants.

Janet Yellen renouvellera l'exercice jeudi devant la commission bancaire du Sénat, à dominante démocrate.

RÉDUCTIONS MESURÉES

Janet Yellen a mis en exergue la "proportion anormalement élevée" de chômeurs de plus de six mois et le nombre "très élevé" de travailleurs à temps partiel qui préféreraient travailler à temps complet.

"Ces observations soulignent l'importance de prendre en compte plus que le taux de chômage lorsqu'on fait le point de la situation du marché du travail", a-t-elle dit.

Plus de cinq années après la fin de la récession, la Fed tente un exercice délicat qui consiste à dénouer peu à peu ses mesures non conventionnelles, qui ont abouti à inonder le marché de liquidités bon marché, tout en persuadant les investisseurs que les taux d'intérêt resteront proches de zéro au moins jusqu'à l'an prochain.

Encouragée par la dynamique économique de l'an passé, la Fed a réduit par deux fois depuis décembre son programme d'assouplissement quantitatif (QE). Elle achète dorénavant pour 65 milliards de dollars d'actifs chaque mois afin de maintenir les coûts d'emprunt à des niveaux bas.

A ce sujet, Janet Yellen a déclaré que la Fed "réduira sans doute de façon mesurée le rythme des achats d'actifs lors de futures réunions" si les statistiques économiques confortent l'hypothèse de la banque centrale d'une amélioration du marché du travail et d'une hausse mesurée de l'inflation.

Elle a ajouté que ces achats ne suivaient pas une trajectoire prédéfinie, confirmant ainsi la ligne de la politique économique de la Fed.

Jugés rassurants, ces propos ont été favorablement accueillis par les marchés financiers, le Dow Jones terminant en hausse de 1,22%, contre +1,11% pour le S&P 500 et 1,03% pour le Nasdaq.

LE GRILL RÉPUBLICAIN

Les derniers indicateurs économiques, mitigés, font douter certains que l'économie américaine puisse suivre le rythme imprimé au second semestre 2013. Même si le taux de chômage a nettement baissé, moins de 200.000 emplois ont été créés ces deux derniers mois, ce qui est insuffisant pour soutenir le rythme de croissance observé l'an passé.

Ceci et les turbulences subies par les marchés émergents sont potentiellement susceptibles de contrarier la tâche de la Fed. Même s'ils ne constituent pas a priori un danger majeur pour l'économie américaine, la Fed observe "attentivement l'instabilité récente", a dit Janet Yellen.

Quant à l'inflation, pour laquelle la Fed a un objectif de 2%, la banque centrale ne la laissera pas "évoluer de façon permanente" au-dessus ou au-dessous de ce niveau, a-t-elle dit.

Soucieuse depuis longtemps des répercussions de la récession de 2007-2009 sur les ménages américains, Janet Yellen passe parfois pour plus accommodante que Ben Bernanke et donc davantage portée à en faire encore plus pour soutenir l'économie, même au prix d'une accélération de l'inflation.

La commission parlementaire qui auditionne Janet Yellen est présidée par le républicain texan Jeb Hensarling, critique notoire du QE qu'il juge responsable d'un emballement de la dette publique.

Les républicains avaient prévenu qu'ils entendaient soumettre la nouvelle présidente de la Fed à un questionnaire serré sur le bilan de la Réserve fédérale, qui atteint maintenant 4.000 milliards de dollars, un gonflement à leur sens totalement inefficace, si ce n'est dangereux.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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