La Fed va lancer une nouvelle salve de rachats

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LA FED VA LANCER UNE NOUVELLE SALVE DE RACHATS
LA FED VA LANCER UNE NOUVELLE SALVE DE RACHATS

par Alister Bull

WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale des Etats-Unis devrait annoncer une nouvelle série d'achats d'obligations à l'occasion de sa réunion de politique monétaire la semaine prochaine, soucieuse de soutenir l'économie américaine en un moment délicat où pèse de tout son poids l'incertitude entourant les négociations budgétaires à Washington.

Beaucoup d'économistes pensent que la Fed rendra public, à l'issue de sa réunion des 11 et 12 décembre, un programme mensuel d'achats d'obligations de 45 milliards de dollars destiné, entre autres, à endiguer le chômage.

"Nous anticipons le statu quo", dit Laurence Meyer (Macroeconomic Advisers). "Nous pensons que les achats se poursuivront au même rythme mensuel qu'au cours des trois derniers mois et que la composition en sera identique, tout comme la répartition des échéances."

Une telle décision viendrait étayer les conjectures voulant que la Fed continue de racheter tous les mois un montant total de 85 milliards de dollars de Treasuries et d'obligations adossées à des créances hypothécaires (MBB), tout en réaffirmant qu'elle maintiendra son taux d'intervention proche de zéro jusqu'à la mi-2015 au moins.

Mais il se peut aussi que la Fed aille au-delà des attentes du marché. "Si le marché attend 45 milliards de dollars, elle donnera peut-être 60 milliards (...) surprenant les marchés et poussant vraiment les taux à la baisse", note Torsten Slok (Deutsche Bank, New York).

Le taux de chômage reste élevé, à 7,9%, et l'économie, quoiqu'en meilleure forme qu'en Europe, ne devrait aligner qu'un maigre taux de croissance de 2% cette année.

Ces nouveaux achats obligataires se substitueront à ce qu'il est convenu d'appeler l'"Opération Twist", un mécanisme qui arrivera à terme en fin d'année et par lequel la Fed achète chaque mois pour 45 milliards de dollars d'obligations à long terme grâce au produit de la vente d'actifs à plus court terme.

Des achats directs seront assimilables à de la création monétaire, alors que si la Fed s'abstenait de toute initiative, cela reviendrait à un durcissement monétaire puisqu'il n'y aurait plus d'Opération Twist.

Si l'on ajoute aux achats mensuels d'obligations les 40 milliards de dollars mensuels d'achats de MBB débutés en septembre, le bilan de la Fed s'en trouvera gonflé de 1.200 milliards de dollars, au total de 4.000 milliards, d'ici la fin 2013, pour autant qu'elle suive la cadence, comme le pensent les économistes.

"Je pense que ça continuera en 2014 parce qu'elle ne croit pas que le chômage s'améliorera vraiment en 2013", estime Stephen Oliner (American Enterprise Institute).

LA FED NE VEUT PAS D'UN "FISCAL CLIFF"

La Fed s'est engagée à soutenir activement la croissance tant qu'il n'y aura pas d'amélioration notable de la situation de l'emploi. Mais elle n'a pas précisé ce qu'elle entendait par là.

En tous les cas, il ne semble pas qu'elle doive adopter une idée suggérée par certains de ses responsables pour lesquels il serait judicieux d'orienter la politique monétaire en fonction d'objectifs chiffrés en matière d'emploi et d'inflation.

Pour les tenants de cette méthode, les marchés et le public seraient ainsi mieux à même de déduire le moment où la banque centrale va remonter les taux d'intérêt.

Si Le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke et la vice-président Janet Yellen regardent l'initiative d'un oeil favorable, les économistes pensent toutefois que l'institut d'émission se gardera de multiplier les annonces fracassantes la semaine prochaine afin de ne pas semer la confusion dans les marchés.

Ils estiment qu'il vaudrait mieux la mettre en oeuvre au début de l'an prochain et profiter de la dernière réunion de politique monétaire de 2012 pour expliquer la décision de poursuivre les achats d'obligations.

La réunion de la semaine prochain sera également pourvue des dernières prévisions économiques trimestrielles, livrées en dépit de l'hypothèque que fait peser sur la croissance les négociations budgétaires difficiles entre républicains et démocrates au Congrès.

Faute de compromis sur ce chapitre d'ici la fin de l'année, des coupes budgétaires et des hausses d'impôt se déclencheraient automatiquement, ce qui a été surnommé le "fiscal cliff", au risque de plonger les Etats-Unis dans une récession que la Fed, comme elle l'a dit elle-même à plusieurs reprises, n'aurait pas les moyens de contrer.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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