La Fed réduit ses achats d'actifs, reste accommodante

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LA FED RÉDUIT SES ACHATS D'ACTIFS, RESTE ACCOMMODANTE
LA FED RÉDUIT SES ACHATS D'ACTIFS, RESTE ACCOMMODANTE

par Jonathan Spicer et Jason Lange

WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale (Fed) a annoncé mercredi un ralentissement de son programme de rachats d'actifs mais a compensé cette mesure attendue de longue date en laissant entendre qu'elle maintiendrait ses taux directeurs à un bas niveau pendant une période plus longue qu'elle ne s'y était précédemment engagée.

Marquant un début de sortie d'un programme inédit d'assouplissement quantitatif destiné à relancer l'économie américaine plombée par la crise financière de 2008, la Fed a dit qu'elle réduirait à compter de janvier ses achats mensuels d'actifs de 10 milliards de dollars pour les ramener à 75 milliards.

Cette réduction affectera dans les mêmes proportions les achats de titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) et de bons du Trésor qui porteront respectivement sur 35 milliards et 40 milliards.

Le président de la Fed Ben Bernanke, a déclaré que si les créations d'emplois se poursuivent comme attendu, les rachats d'actifs continueraient vraisemblablement d'être réduits à un rythme "mesuré" au cours de l'année prochaine. Ils seront probablement interrompus "en fin d'année, certainement pas vers le milieu de l'année", a-t-il précisé.

"Il est clair que la reprise est loin d'être achevée", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion du comité de politique monétaire.

Ben Bernanke, dont le mandat arrive à échéance le 31 janvier, a déclaré que la décision avait été prise en étroite concertation avec Janet Yellen, la vice-présidente de la Fed, qui prendra sa succession. "Elle est en plein accord avec ce que nous avons fait aujourd'hui", a dit Ben Bernanke.

Après un bref recul, le marché des actions et celui des obligations sont repartis à la hausse tandis que le dollar s'est apprécié contre l'euro et le yen.

"Ils ont finalement arraché le pansement sur lequel ils tiraient depuis un bon moment", a déclaré Rick Meckler, président du hedge fund LibertyView Capital Management en référence aux nombreuses déclarations de responsables monétaires américains sur un éventuel ralentissement des achats d'actifs depuis qu'il a été évoqué pour la première fois par Ben Bernanke à la fin mai.

LA FIN D'UNE ÉPOQUE?

Les trois programmes de rachats d'actifs lancés par la Fed depuis l'éclatement de la crise financière en 2008 ont fait exploser son bilan qui atteint désormais près de 4.000 milliards de dollars.

La Fed a souligné le caractère "modeste" de la réduction du rythme de ses achats qu'elle a justifié par l'amélioration des conditions du marché du travail.

Afin de prévenir toute réaction brusque des marchés financiers qui pourrait compromettre l'affirmation de la reprise, la banque centrale américaine a dit qu'il "serait vraisemblablement approprié" de maintenir les taux au jour le jour proches de zéro "bien après" le passage du taux de chômage en dessous de 6,5%.

Elle s'était auparavant engagée à les maintenir à ce niveau au moins jusqu'à ce que le taux de chômage atteigne ce seuil. Le taux de chômage est ressorti à 7,0% au moins de novembre, à un plus bas de cinq ans.

La banque centrale américaine a par ailleurs abaissé ses prévisions d'inflation et de chômage, prenant acte d'une réduction plus rapide que prévu de taux de chômage.

Elle s'attend désormais à ce que le taux de chômage s'établisse entre 6,3% et 6,6% à l'horizon de la fin 2014 contre une fourchette de 6,4% à 6,8% précédemment.

Douze des 17 membres du comité de politique monétaire s'attendent à une hausse des taux en 2015, trois d'entre eux ne la prévoyant qu'en 2016 alors qu'ils n'étaient que deux dans ce cas en septembre. La Fed a maintenu les taux au jour le jour à des niveaux proches de zéro depuis la fin 2008.

Les cours des futures sur les fed funds sur le CME après les annonces de la Fed laissent entrevoir un maintien des taux à un niveau proche de zéro jusqu'en septembre 2015.

La politique d'assouplissement quantitatif de la Fed a été critiquée, y compris en son sein, ses détracteurs lui reprochant de risquer d'alimenter l'inflation et des bulles sur le prix de certains actifs.

Elle a contribué à la forte hausse de Wall Street et à celle des prix de l'immobilier aux Etats-Unis tout en provoquant d'amples mouvements sur le marché des changes dont une brusque chute de certaines devises émergentes à la suite des premières déclarations sur un ralentissement des achats d'actifs.

Pour ses partisans, elle a joué un rôle déterminant pour stabiliser l'économie et le système bancaire américains mis à mal par la crise financière de 2008 et pour éviter d'enclencher d'un cycle déflationniste.

Marc Joanny pour le service français, édité par Nicolas Delame

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  • NORDGHAZ le jeudi 19 déc 2013 à 09:52

    le poker est americain et le bluff est tout juste enorme. si la fed se plante alors le cac sera à ramasser à la petite cuillère on aura le secteur bancaire laminé avec des depots de bilans par centaines de milliers et des dettes souveraines qui vont exploser ce sera pire que l'argentine qui a fait faillite pour beaucoup moins que la grece et les autres pays en cours

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