La Fed promet à Wall Street un été volatil

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L?ÉTÉ S?ANNONCE VOLATIL À WALL STREET
L?ÉTÉ S?ANNONCE VOLATIL À WALL STREET

par Rodrigo Campos

NEW YORK (Reuters) - La volatilité pourrait bien être la tendance de l'été à Wall Street car les investisseurs sont divisés sur les conséquences du ralentissement annoncé de la politique de soutien à l'économie de la Réserve fédérale des Etats-Unis.

En laissant entrevoir mercredi une réduction d'ici la fin de l'année des 85 milliards de dollars de rachats d'actifs menés chaque mois par la banque centrale, Ben Bernanke, le président de la Fed, a provoqué la plus importante baisse enregistrée par Wall Street en deux séance depuis novembre 2011.

Dans le communiqué publié à l'issue de sa réunion de politique monétaire, la Fed a pris acte d'une diminution des risques baissiers pesant sur les perspectives de l'économie américaine mais elle note que le taux de chômage demeure trop élevé.

"Nous allons continuer à observer une forte volatilité, jusqu'à ce que les marchés acceptent le fait que la reprise de l'économie va durer et n'a pas besoin d'être soutenue artificiellement", annonce Peter Kenny, stratège en chef pour les marchés au sein du cabinet Knight Capital.

De fait, la Fed se montre de plus en plus résolue à réduire son programme d'assouplissement quantitatif -dit QE3- et la majorité des analystes estiment que seule une situation catastrophique pourrait l'en dissuader.

Il faudra sans doute quelques mois au marché pour s'adapter à cette nouvelle donne, et notamment pour ne plus considérer systématiquement la publication de mauvais indicateurs économiques comme un facteur éloignant le risque de diminution du QE3.

Jusqu'à maintenant, "on était dans une situation où 'les bons chiffres sont mauvais et les mauvais chiffres sont bons'", explique Brian Jacobsen de Wells Fargo Funds Management. "Les marchés ne peuvent maintenant plus considérer les mauvais chiffres comme un prétexte pour s'orienter à la hausse."

WALL STREET RESTE UN REFUGE

L'indice CBOE de la volatilité, qui reflète la nervosité de Wall Street, a bondi jeudi de 23% à 20,49, au-dessus de la barre de 20 généralement considérée comme la démarcation qui sépare calme et anxiété des marchés.

Une enquête Wells Fargo-Gallup publiée jeudi témoigne de l'incertitude des investisseurs. Parmi les personnes interrogées, 46% estiment que la Fed va réussir à réduire sans grands dégât son soutien à l'économie, alors que 43% s'attendent au contraire à des effets négatifs.

Les optimistes préviennent que l'heure n'est pas à la vente, car ils jugent improbable un retrait du programme de soutien de la Fed tant que l'économie américaine ne sera pas assez solide pour croître sans soutien.

Ils soulignent en outre que la récente volatilité de Wall Street ne l'a pas empêchée d'être un refuge pour les investisseurs. Les autres grandes places boursières témoignent d'une plus grande faiblesse depuis que Ben Bernanke a évoqué le 22 mai, pour la première fois, un possible ralentissement des rachats d'actifs de la Fed.

Au Japon, le Nikkei a perdu près de 17% depuis la clôture du 21 mai, tandis qu'en Europe, l'EuroFirst 300 a décliné de plus de 8%. Le Dow Jones n'a lui cédé qu'un peu plus de 4%.

"Si vous tenez compte des fondamentaux de Wall Street, non seulement de manière isolée mais aussi par rapport au reste du monde, on peut difficilement trouver des actifs plus attrayants que les actions américaines, à l'heure actuelle", estime Stephen Sachs, responsable pour les marchés de capitaux chez ProShares.

Avec Angela Moon et Jonathan Spicer; Julien Dury pour le service français, édité par Marc Angrand

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