La Fed modifie les conditions de remontée des taux

le
1
LA FED ABANDONNE LE TAUX DE CHÔMAGE COMME FACTEUR CLÉ POUR SES TAUX
LA FED ABANDONNE LE TAUX DE CHÔMAGE COMME FACTEUR CLÉ POUR SES TAUX

par Ann Saphir et Krista Hughes

WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale américaine a abandonné mercredi le critère du taux de chômage comme seuil clé pour juger de la capacité de l'économie à supporter une hausse des taux d'intérêt, en expliquant qu'un tel relèvement dépendrait désormais d'une série d'indicateurs sur l'état de santé de l'économie américaine.

Elle a précisé parallèlement que sa décision de renoncer à promettre de maintenir les taux à leur niveau actuel "bien au-delà du moment" où le taux de chômage sera revenu sous le seuil de 6,5% ne signifiait pas que ses intentions avaient changé.

Ce qui ressort avant tout des déclarations de la Fed mercredi est son intention de maintenir une politique monétaire très accommodante, même après que les objectifs de plein emploi et d'inflation à 2% auront été atteints.

"Le comité prévoit actuellement que, une fois que l'emploi et l'inflation seront proches des niveaux correspondant à son mandat, la situation économique pourrait pendant un certain temps justifier le maintien de l'objectif de taux des fonds fédéraux sous les niveaux que le comité considère comme normaux sur le long terme", a déclaré la Fed dans le communiqué publié à l'issue de deux jours de réunion de son comité de politique monétaire.

Ce Federal Open Market Committee (FOMC) était le premier présidé par Janet Yellen, qui a succédé à Ben Bernanke le mois dernier.

La Fed affirmait depuis décembre 2012 qu'elle n'envisagerait pas de relever ses taux directeurs, actuellement près de zéro, avant que le chômage ne soit tombé sous l'objectif de 6,5%, surtout si l'inflation restait inférieure à l'objectif de 2%.

Mais le taux de chômage est déjà tombé à 6,7%, en partie du fait du découragement de certains demandeurs d'emplois qui ont abandonné leurs recherches, alors que les responsables de la Fed estiment que l'économie américaine est loin d'être en état de supporter un relèvement du coût du crédit malgré la reprise.

"RYTHME MESURÉ"

La banque centrale a également annoncé, comme prévu, une nouvelle réduction de 10 milliards de dollars de ses achats mensuels d'obligations sur les marchés, les ramenant à 55 milliards contre 65 milliards actuellement et 85 milliards lorsqu'elle a lancé le programme d'assouplissement quantitatif (QE) en septembre 2012. A partir d'avril, elle rachètera ainsi 25 milliards d'obligations adossées à des actifs hypothécaires et 30 milliards d'obligations du Trésor par mois.

Elle a aussi confirmé qu'elle poursuivrait sans doute le démantèlement de son programme d'assouplissement quantitatif (QE) à un "rythme mesuré" à condition que les conditions économiques continuent à s'améliorer.

Cette décision de poursuivre le démantèlement de son programme de rachats d'actifs s'inscrit dans la continuité de la politique de Ben Bernanke.

Lors d'une conférence de presse, Janet Yellen a précisé que le relèvement des taux d'intérêt pourrait avoir lieu bien après - probablement de l'ordre de six mois après - la fin du programme QE3 de rachats d'actifs de la Fed.

"La formule utilisée dans le communiqué d'une 'période considérable" (après la fin du QE3) (...) C'est le genre de terme qu'il est difficile de définir mais (...) cela signifie probablement quelque chose de l'ordre d'environ six mois ou quelque chose d'approchant", a-t-elle déclaré.

"Ce que dit le communiqué est que cela dépend des conditions (de l'économie). Nous devrions mesurer l'état du marché de l'emploi par rapport à notre objectif de plein emploi; cela sera difficile à évaluer, non pas simplement sur la base d'une seule statistique. Et à quel rythme nous nous en rapprochons?"

La Fed a par ailleurs abaissé la fourchette de ses prévisions de croissance pour 2014 et 2015. Elle prévoit désormais une hausse du produit intérieur brut (PIB) comprise entre 2,8% et 3,0% cette année, contre 2,8% à 3,2% dans sa précédente estimation en décembre, suivie d'une expansion de 3,0% à 3,2% en 2015 contre 3,0% à 3,4% auparavant.

Pour l'année en cours, elle anticipe un taux de chômage de 6,1% à 6,3% et une inflation de base de 1,4% à 1,6%, avant un recul du chômage vers 5,6% à 5,9% en 2015 avec une inflation de base de 1,7% à 2,0%.

Wall Street, avec l'ensemble des marchés mondiaux, a perdu du terrain après ces annonces, tandis que les rendements des obligations du Trésor américain se tendaient.

(Marc Angrand et Juliette Rouillon pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M7520498 le mercredi 19 mar 2014 à 22:29

    Les US vont souffler un peu quoi ,consolider si vous préférez et dans la foulée investir leur bénéfice sur les indices Européens qui ne demandent qu'à monter .

Partenaires Taux