La Fed met fin aux rachats d'actifs mais reste accommodante

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(actualisé avec citation, réaction de marché) par Howard Schneider et Michael Flaherty WASHINGTON, 29 octobre (Reuters) - La Réserve fédérale a annoncé mercredi la fin de son programme de rachats d'actifs mensuels tout en faisant part de son optimisme sur les perspectives de la reprise aux Etats-Unis en dépit des nombreux signes de ralentissement perceptibles dans l'économie mondiale. "Le Comité continue de juger que l'économie dispose dans son ensemble de la vigueur suffisante pour soutenir les progrès à l'oeuvre en direction du plein emploi dans un contexte de stabilité des prix", explique le communiqué publié au terme d'une réunion de deux jours. Le message écarte les hypothèses selon lesquelles la volatilité des marchés, la croissance anémique en Europe et la faiblesse des perspectives d'inflation puissent être en mesure de remettre en question les progrès réalisés en direction des objectifs fixés par la banque centrale américaine tant sur le front de l'emploi que sur celui de l'inflation. La Fed souligne en revanche le renforcement du marché du travail, mettant en exergue une diminution progressive de la sous-utilisation des capacités. Les observateurs ont d'ailleurs retenu qu'elle avait cessé de dire que la sous-utilisation des capacités du marché du travail était "significative". "J'ai été agréablement surpris de voir qu'ils ont cessé de mentionner l'importante sous-utilisation des capacités sur le marché du travail. Je pense que c'est le signe des progrès réalisés sur le marché de l'emploi", déclare Brian Jacobsen de Wells fargo Funds Management. DISSENSIONS SUR L'INFLATION Evoquant la question des taux des Fed funds, elle a prévenu qu'ils resteraient bas pour une "période considérable" après la fin, ce mois, de son programme de rachats d'actifs. Le relèvement de ses taux dépendra de l'évolution des données économiques, a dit la Fed, une expression qu'elle n'utilisait pas jusqu'à présent et qui a, apparemment, convaincu le président de la Fed de Philadelphie, Charles Plosser, et celui de la Fed de Dallas, Richard Fisher, qui avaient exprimé des voix dissidentes lors de la dernière réunion du FOMC. Dans la foulée du communiqué, le dollar a progressé à un plus haut de trois semaines contre un panier de devises, illustrant les anticipations des investisseurs sur un relèvement plus rapide des taux que ce qu'ils prévoyaient jusqu'alors. Les futures sur taux laissent entrevoir une première hausse dès septembre 2015 contre octobre 2015 jusque là. Ils sont à un niveau proche de zéro depuis décembre 2008. Sur le terrain de l'inflation, la Fed a reconnu que la faiblesse des prix de l'énergie conjuguée à d'autres facteurs, contiennent la pression sur les prix, tout en jugeant que, dans l'ensemble, l'économie continue son chemin en direction de l'objectif des 2%. "Le Comité estime que la probabilité de voir l'inflation rester obstinément en dessous de 2% a quelque peu diminué depuis le début de l'année", dit le communiqué de la Fed. Les membres du FOMC se sont exprimés par neuf voix contre une en faveur de cette politique. Le président de la Fed de Minneapolis, Narayana Kocherlakota, a voté contre en soulignant la faiblesse persistante des perspectives d'inflation et la récente chute des anticipations d'inflation telles que mesurées par les indicateurs de marché. UN BILAN MITIGÉ Si la décision annoncée mardi enterre un programme d'assouplissement quantitatif qui aura duré six ans, elle ne normalise pas pour autant complètement la politique monétaire américaine. Elle constitue cependant une étape symbolique importante alors que le total de bilan a explosé pour dépasser les 4.000 milliards de dollars, que les taux directeurs demeurent proches de zéro et que les récents développements économiques mondiaux risquent de la pousser à maintenir une orientation accommodante plus longtemps que ce que qui était prévu il y a quelques semaines encore. Le bilan de la troisième phase de l'assouplissement quantitatif lancé par la Fed pour répondre à la crise financière de 2007-2008 et à la récession de 2009 est mitigé. Il a certes favorisé le maintien de bas taux d'intérêt à long terme, réduisant les coûts d'endettement pour les ménages et les entreprises, soulignent les représentants de la banque centrale. Mais pour ses détracteurs, il a surtout servi à entretenir la hausse de Wall Street. Son arrêt n'entraînera pas de diminution du total de bilan de la Fed dans l'immédiat. L'institution prévoit en effet de réinvestir les sommes remboursées à l'arrivée à maturité des titres en portefeuille afin de maintenir l'orientation accommodante de sa politique monétaire. Elle n'envisage pas de contraction de son bilan avant la première hausse de ses taux directeurs. (Nicolas Delame et Marc Joanny pour le service français)

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