La Fed maintient son soutien à l'activité économique

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par Alister Bull et Pedro da Costa

WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale américaine a réaffirmé mercredi que son plan de rachats d'actifs, à hauteur de 85 milliards de dollars par mois, resterait en place tant que les perspectives en matière d'emploi ne s'étaient pas significativement améliorées.

Elle a déclaré que la croissance économique avait marqué une pause ces derniers mois, tout en attribuant cela à des facteurs transitoires, comme des intempéries météorologiques.

Les données du produit intérieur brut (PIB) américain, publiées dans la journée, semblent donner raison à la Fed puisque celles-ci ont montré une contraction des Etats-Unis au quatrième trimestre, une première depuis le deuxième trimestre 2009.

Ceci étant dit, comme la Fed, les économistes pensent qu'il ne faut pas trop s'alarmer, notant également des phénomènes passagers.

A l'issue d'une réunion de politique monétaire sur deux jours, la Fed a maintenu son taux directeur à un niveau proche de zéro, maintenant ainsi le statu quo en la matière depuis la fin 2008, époque qui correspondait à l'acmé de la crise financière 2007-2009.

Depuis, la Fed a racheté pour quelque 3.000 milliards de dollars d'actifs, multipliant au passage son bilan par trois, dans l'espoir de maintenir au plus bas les coûts d'emprunts sur le long terme et ainsi stimuler l'activité de la première puissance économique mondiale.

Malgré l'ampleur de ces mesures de soutien, la reprise de l'économie des Etats-Unis depuis la récession de 2007-2009 est restée, pour le moins, modeste.

"Le comité de réunion de politique monétaire estime que, du fait d'une politique accommodante, la croissance économique aura lieu à un rythme modéré, ce qui entraînera la baisse du taux de chômage à un niveau jugé compatible avec le double mandat de la Fed", souligne la banque centrale dans un communiqué.

OBJECTIF D'UN TAUX DE CHÔMAGE DE 6,5%

Les données concernant l'emploi pour le mois de janvier, attendues vendredi, devraient vraisemblablement montrer que le taux de chômage est resté au niveau de 7,8% pour le troisième mois consécutif.

La Fed a réaffirmé qu'elle maintiendrait son taux directeur juste au-dessus de zéro tant que le taux de chômage ne sera pas redescendu à 6,5% de la population active, avec la condition que l'inflation ne menace pas de dépasser les 2,5%.

Alors que, depuis les minutes de la réunion de politique monétaire et avant les données du PIB, certains avaient pensé que la Fed était éventuellement susceptible d'annoncer la fin plus tôt que prévu d'une politique très accommodante, la banque centrale américaine a apparemment répondu par la négative à ces interrogations.

Elle a en effet dit que, même après la fin des rachats d'actifs, sa politique monétaire devrait rester très souple.

"Le message est que la politique monétaire ne change pas, les modifications (dans les déclarations de la Fed) sont relativement mineures", a estimé Julia Coronado, économiste chez BNP Paribas.

Wall Street n'a guère réagi après les déclarations de la Fed, les principaux indices étant toujours en baisse modérée moins d'une demi-heure avant la clôture.

En plus de dire que la pause dans la croissance n'était que temporaire, la Fed a noté que la consommation des ménages et l'investissement des entreprises s'inscrivaient en hausse et que le secteur immobilier avait continué de s'améliorer.

Prenant part à son premier vote au comité de politique monétaire, Esther George, présidente de la Réserve fédérale de Kansas City, est la seule à avoir exprimé son désaccord avec la politique de soutien à l'économie de la Fed.

Elle marche ainsi des les pas de Jeffrey Lacker, président de la Fed de Richmond, qui avait voté contre les décisions de la Fed à chacune de ces réunions de 2012.

Benoit Van Overstraeten pour le service français

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