La Fed maintient le cap

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LA FED MAINTIENT LE CAP
LA FED MAINTIENT LE CAP

par Pedro da Costa et Jonathan Spicer

WASHINGTON (Reuters) - Sans surprise, la Réserve fédérale américaine a annoncé mercredi son intention de poursuivre ses rachats d'actifs pour stimuler l'économie, en mettant en avant le chômage toujours élevé et en se disant préoccupée par la politique budgétaire restrictive des Etats-Unis.

Les rachats d'obligations du Trésor américain et de titres hypothécaires se poursuivront au rythme de 85 milliards de dollars par mois, a déclaré la banque centrale dans un communiqué publié au terme de sa réunion monétaire de deux jours.

La Fed a répété par ailleurs son engagement à maintenir le taux de fed funds entre zéro et 0,25% tant que le taux de chômage sera supérieur à 6,5%, ce qu'elle n'attend pas avant 2015, et dans la mesure où le taux d'inflation ne risque pas de dépasser le seuil de 2,5% à un horizon d'un an ou deux.

La plupart des membres du conseil de politique monétaire estiment que les rachats d'actifs contribuent à réduire les coûts d'emprunt à long terme et apportent un "soutien significatif à la croissance économique et à la création d'emplois", a expliqué Ben Bernanke, le président de la Fed, lors d'une conférence de presse.

"Cependant, la plupart sont aussi d'avis que cet outil monétaire ne suffira pas à lui seul à contrer des ventes de face tels que ceux que pourraient provoquer des restrictions budgétaires drastiques à court terme, ou une forte aggravation des tensions financières mondiales", a-t-il dit.

La Fed a réduit son taux des fed funds à près de zéro en 2008 et a racheté pour plus de 2.500 milliards de dollars d'obligations pour soutenir la croissance, l'investissement et l'emploi.

Ses efforts semblent payer, à en croire les indicateurs économiques des dernières semaines. Les ventes au détail ont progressé plus que prévu, la production industrielle se reprend et l'emploi repart, avec en corollaire un taux de chômage qui a baissé à 7,7% le mois dernier contre 7,9% en janvier.

PRÉVISIONS DE CROISSANCE REVUES EN BAISSE

Ben Bernanke a indiqué que la Fed pourrait ajuster ses achats mensuels d'actifs à mesure que le redressement économique se confirme, mais qu'elle attendra pour cela que l'amélioration du marché du travail soit durablement installée.

Il a noté qu'un "débat approfondi" avait eu lieu sur les coûts et les risques des rachats d'actifs, parmi lesquels des déséquilibres sur les marchés financiers et une poussée inflationniste. "Ces coûts restent gérables mais nous continuerons de les surveiller, et nous les prendrons en compte en déterminant le rythme et la teneur de nos rachats d'actifs", a-t-il dit aux journalistes.

La décision monétaire a été adoptée par 11 voix sur 12 au sein du comité de politique monétaire, seule Esther George, présidente de la Fed de Kansas City, ayant voté contre - comme lors de la précédente réunion - en mettant en avant le risque de déséquilibres futurs.

La réunion de mardi et mercredi a été l'occasion d'une révision des prévisions économiques pour 2013 et 2014, moins optimistes que les précédentes projections de la banque centrale malgré les bons indicateurs des dernières semaines.

Pour 2013, la Fed prévoit une croissance comprise entre 2,3 et 2,8% alors que sa précédente fourchette, annoncée en décembre, s'étirait de 2,3% à 3,0%. Pour l'année prochaine, sa prévision est désormais d'une progression du produit intérieur brut comprise entre 2,9% et 3,4% contre 3,0% à 3,5%.

La banque centrale prédit par contre une amélioration sur le front de l'emploi, avec un taux de chômage moyen compris entre 7,3% et 7,5% au dernier trimestre 2013 (contre 7,4% à 7,7% en décembre), mais qui ne descendrait pas sous le seuil fatidique de 6,5% avant 2015.

"La Fed reste très accommodante et je ne la vois pas changer d'orientation politique dans un avenir proche", juge Eric Stein, gérant chez Eaton Vance Management à Boston.

Ben Bernanke n'a pas montré d'inquiétude sur les niveaux actuels du marché boursier et il a estimé que la crise à Chypre ne constituait pas un risque majeur pour les Etats-Unis.

"Chypre est une toute petite économie et je ne pense pas que ces questions, pour préoccupantes qu'elles soient pour la population locale, aient des implications directes pour l'économie américaine", a-t-il dit.

"Cela ne créerait un problème que s'il y avait un effet de contagion, si les épargnants d'autres pays perdaient confiance, mais on n'en voit pas le signe."

La Fed a supprimé, dans son communiqué, la mention habituelle sur l'apaisement graduel des tensions financières dans le monde.

Véronique Tison et Juliette Rouillon pour le service français

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  • M8725649 le mercredi 20 mar 2013 à 21:43

    Je crains qu'ils soient complètement dépassés par la situation, c'est ce qu'il y a de pire à craindre car à force d'imprimer, ils vont finir par créer un monstre incontrôlable.

  • mikel69 le mercredi 20 mar 2013 à 19:49

    comme par hasard le chômage va redescendre à 6,5% car comme il y a moins d'actifs le chômage diminue et à force on va arriver à avoir un chômage négatif et là les taux vont pouvoir remonter !!!! Je ne sais pas jusqu'au on pourra tendre l'élastique mais quand il va éclater cela risque de faire très mal

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