La Fed laisse la porte ouverte à une hausse des taux en décembre

le , mis à jour à 20:18
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LA FED POURRAIT RELEVER SES TAUX EN DÉCEMBRE
LA FED POURRAIT RELEVER SES TAUX EN DÉCEMBRE

par Lindsay Dunsmuir et Jason Lange

WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale américaine a, comme attendu, laissé mercredi ses taux directeurs inchangés mais elle a nuancé les risques internationaux menaçant l'économie des Etats-Unis et a explicitement laissé la porte ouverte à un resserrement de sa politique monétaire lors de sa prochaine réunion en décembre.

A l'issue d'une réunion de deux jours de son comité de politique monétaire, la Fed a déclaré qu'elle continuait de surveiller les développements économiques et financiers à l'étranger mais elle n'a pas répété l'avertissement émis lors de sa précédente réunion en septembre sur le fait que des risques internationaux auraient probablement des conséquences sur l'économie américaine.

Si le statu quo monétaire n'a guère surpris les investisseurs, ces derniers n'avaient pas anticipé cette référence aussi claire à la possibilité d'un premier relèvement des taux d'intérêt depuis 2006 lors de sa prochaine réunion.

Cela explique le vif retournement à la hausse du dollar face à un panier de devises internationales. Alors qu'il reculait de quelque 0,4% avant les déclarations de la Fed, le billet vert avançait vers 19h10 GMT de 0,85%.

De son côté, moins d'une heure avant la clôture, Wall Street, après avoir brièvement effacé une partie de ses gains dans la foulée de la Fed, gagnait quelque 0,7% tandis que les rendements des emprunts du Trésor, surtout ceux du papier à échéance courte dans l'anticipation d'un tour de vis monétaire.

"En cherchant à déterminer s'il est approprié de relever l'objectif du taux des "fed funds" lors de sa prochaine réunion, le comité évaluera les progrès -- accomplis ou attendus -- par rapport à ses objectifs d'une situation de plein emploi et d'une inflation de 2%", déclare la Fed dans un communiqué.

A la suite des propos de la Fed, les futures sur taux suggèrent une probabilité de 47% de voir les taux être relevés à l'issue de la réunion des 15 et 16 décembre, contre un taux de 34% avant le communiqué de la banque centrale américaine.

"Il s'agit d'un communiqué plus "faucon" que celui que nous avons eu il y a six semaines", a estimé Paul Schatz, président d'Heritage Capital.

DEUX MOIS DE STATISTIQUES POUR DÉCIDER

Le comité de politique monétaire de la Fed, qui s'est prononcé à l'unanimité moins une voix pour le statu quo sur les taux, a aussi relevé que la croissance de l'emploi avait ralenti. Il a néanmoins répété que la sous-utilisation de la main d'oeuvre avait diminué.

"Le comité continue de voir les risques sur les perspectives de l'activité économique et du marché du travail comme proches de l'équilibre", déclare la Fed dans un communiqué, tout en jugeant que l'économie américaine progresse à un rythme modéré.

Avant le communiqué de ce mercredi, la Réserve fédérale, malgré des déclarations de nombre de ses responsables, éprouvait une certaine difficulté à convaincre les investisseurs qu'une hausse des taux est imminente.

Cela tient surtout au fait que la croissance économique américaine reste mitigée et que l'inflation est à un niveau très bas.

En outre, alors que la Fed veut durcir sa politique monétaire, la Banque centrale européenne (BCE), la Banque du Japon (BoJ), la Banque populaire de Chine (BPC) vont dans le sens d'un assouplissement, ce qui exerce une pression à la hausse sur le dollar.

Le renchérissement du billet vert handicape les exportateurs américains et agit comme un frein sur l'inflation.

D'ici la réunion des 15 et 16 décembre, la Fed pourra fonder sa décision sur deux mois de données macro-économiques, dont la première estimation du produit intérieur brut (PIB) du troisième trimestre, attendue jeudi, et les chiffres de l'emploi des mois d'octobre et de novembre.

Pour la deuxième fois de suite, le président de la Fed de Richmond Jeffrey Lacker s'est désolidarisé de ses collègues du comité de politique monétaire.

(Bertrand Boucey et Benoît Van Overstraeten pour le service français)

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  • odnaz le mercredi 28 oct 2015 à 19:58

    Une fois de plus elle n'a rien dit, l'oracle de Washington. On emprisonne des gourous pour manipulation, mais n'est-elle pas la reine des manipulatrices ? Le système est à changer, chambouler, révolutionner, on a là des pantins de l'Ancien Monde. Avec 7 milliards de serfs suspendues aux divines lèvres (sic).