La Fed donne peu d'indices sur le dénouement du QE3

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PEU D'INDICES SUR LE DÉNOUEMENT DE LA POLITIQUE DE LA FED
PEU D'INDICES SUR LE DÉNOUEMENT DE LA POLITIQUE DE LA FED

par Jonathan Spicer et Steven C. Johnson

NEW YORK (Reuters) - Quelques membres du Comité de politique monétaire (Fomc) de la Réserve fédérale ont jugé, lors de la réunion de fin juillet, qu'il serait peut-être bientôt temps de "ralentir quelque peu" le rythme des rachats obligataires de la banque centrale.

D'autres ont en revanche recommandé de faire preuve de patience quant à décider du calendrier du dénouement de la politique d'assouplissement quantitatif (QE3) de la Fed.

Sur ce dernier point, le compte rendu de la réunion des 30 et 31 juillet publié mercredi n'offre que peu d'indices à des marchés qui ne cessent de se poser des questions.

Le compte rendu montre par ailleurs que la quasi totalité des 12 membres du Fomc ont convenu que modifier le programme de rachats d'actifs n'était pas pour le moment judicieux.

Pour l'heure, la Fed consacre mensuellement 85 milliards de dollars à ses rachats d'actifs et l'opinion courante sur les marchés est que ces rachats commenceront à diminuer dès septembre, opinion qui n'est guère susceptible d'évoluer à l'issue de la parution de ces "minutes".

"Quelques membres ont souligné l'importance d'être patient et d'analyser toute information économique qui se présentera avant de décider de modifier en quoi que ce soit la cadence des rachats d'actifs", lit-on dans le compte rendu.

"Dans le même temps, quelques autres (...) ont suggéré qu'il serait peut-être bientôt temps de ralentir quelque peu la cadence des achats...", ajoute le compte rendu.

Le président de la Fed Ben Bernanke avait dit, après la réunion monétaire de juin, que l'institut d'émission pensait alléger ses opérations d'assouplissement quantitatif dans le courant de l'année, dans l'optique d'y mettre un terme définitif d'ici la mi-2014.

La réunion de fin juillet n'a pas apporté de changement d'orientation de la politique monétaire, la Fed estimant que l'économie a encore besoin de soutien.

CHANGEMENT MALVENU

Wall Street a touché ses plus bas de séance après la parution du compte rendu, tandis que le rendement du Treasury à 10 ans a monté et que le dollar a accru ses gains contre l'euro et le yen.

Les futures du Brent du et WTI texan ont eux accentué leurs pertes.

La Fed veut constater que la croissance est fermement ancrée et que la situation du marché de l'emploi s'améliore de façon convaincante avant de dénouer son QE3.

Les membres du Fomc ont également remarqué que le taux de chômage, actuellement de 7,4%, avait sensiblement diminué depuis le lancement du dernier programme d'assouplissement quantitatif (QE3) en septembre. Cette amélioration ne faisait toutefois pas l'unanimité compte tenu, par exemple, du nombre élevé d'Américains qui ont renoncé à trouver un emploi.

La Fed a ramené son taux d'intervention pratiquement à zéro en 2008, en réaction à la crise financière, et son bilan a plus que triplé à quelque 3.600 milliards de dollars, conséquence de plusieurs vagues de rachats d'actifs.

Elle a l'intention de s'en tenir là tant que le taux de chômage ne sera pas retombé à 6,5%, pour autant que l'inflation reste maîtrisée.

Le compte rendu révèle enfin que plusieurs membres du Fomc sont disposés à abaisser ce seuil s'ils jugent qu'un nouvel assouplissement monétaire s'impose. Pour d'autres, ce serait un changement malvenu.

PRISES EN PENSION INVERSÉES

La Réserve fédérale envisage par ailleurs un nouvel instrument destiné à drainer des liquidités du système bancaire - l'opération inverse des prises en pension - et à préserver ses objectifs de taux lorsqu'elle passera à une politique moins accommodante, lit-on encore dans le compte rendu.

Pour Mary Beth Fischer (SG Corporate & Investment Banking), la banque centrale prépare ainsi le terrain à un possible resserrement monétaire d'ici une date indéterminée en 2015.

Suivant cette opération de prise en pension inversée, la Fed vendrait des Treasuries à un SVT (spécialiste en valeurs du Trésor) ou à un gros fonds monétaire et les leur rachèterait le lendemain à un prix légèrement supérieur.

Cette transaction ponctionne momentanément des liquidités du marché interbancaire, cependant que le SVT ou le fonds perçoit l'intérêt sur les titres achetés.

La banque centrale a procédé à plusieurs reprises à des tests à petite échelle pour ce type d'opération depuis 2009.

Wilfrid Exbrayat pour le service français

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