La Fed divisée sur l'urgence d'une hausse des taux-minutes

le , mis à jour à 22:35
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 (Actualisé avec commentaires, réaction des marchés) 
    par Jason Lange et Lindsay Dunsmuir 
    WASHINGTON, 17 août (Reuters) - Les décideurs au sein de la 
Réserve fédérale restent divisés sur la nécessité de relever les 
taux d'intérêt dans un avenir proche, indique le compte-rendu de 
la réunion monétaire de juillet de la banque centrale 
américaine.  
    Les membres du Comité de politique monétaire (FOMC) de la 
Fed se sont mis d'accord lors de cette réunion pour attendre 
d'autres indicateurs avant de relever à nouveau les taux, 
montrent les "minutes" publiées mercredi. 
    "Certains (...) membres ont prédit que les conditions 
économiques rendraient bientôt nécessaire une nouvelle étape 
dans l'abandon d'une politique accommodante", y lit-on.     
    Les membres du FOMC se sont montrés plutôt confiants 
concernant les perspectives pour l'économie américaine et le 
marché de l'emploi. Plusieurs ont fait valoir toutefois que si 
le rythme des embauches ralentissait, une hausse de taux à court 
terme pourrait être remise en cause. 
    Certains ont fait part de leur inquiétude de voir le 
maintien des taux à des niveaux extrêmement bas menacer la 
stabilité financière. 
    "Les minutes contiennent de nouvelles indications concrètes 
du consensus qui se forme lentement en faveur d'une hausse de 
taux", a commenté Brian Dolan, responsable de la stratégie de 
marché pour Drivewealth. 
    Le dollar a effacé ses gains face à l'euro, au yen et au 
franc suisse après la publication de ces minutes tandis que les 
marchés actions et les prix des Treasuries à échéance courte 
réduisaient leurs pertes.  
    Les traders évaluent dorénavant à 47% la probabilité d'une 
hausse des taux en décembre, contre 58% avant la publication des 
minutes, selon l'étalon FedWatch de CME Group. 
     
    UNE HAUSSE AVANT DÉCEMBRE JUGÉE PEU PROBABLE  
    La banque centrale américaine a relevé ses taux en décembre 
dernier, pour la première fois depuis près de 10 ans, mais n'y a 
pas touché depuis, en raison notamment de la volatilité des 
marchés, du ralentissement de la croissance mondiale et du 
faible niveau de l'inflation aux Etats-Unis. 
    A l'issue de sa réunion de juillet, la Fed a déclaré que les 
risques à court terme pour l'économie avaient diminué, laissant 
ainsi la porte ouverte à un resserrement de sa politique dans 
les prochains mois. 
    Peu avant la publication des minutes de cette réunion, le 
président de la Fed de Saint-Louis, James Bullard, a déclaré 
toujours penser qu'une seule hausse des taux suffirait dans un 
proche avenir, en dépit de la forte progression récente des 
créations d'emplois aux Etats-Unis. 
    Certains sont d'un avis légèrement différent, notamment le 
président de l'antenne d'Atlanta, Dennis Lockhart, qui a déclaré 
mardi que l'économie américaine était sans doute suffisamment 
solide pour supporter au moins une hausse de taux d'ici la fin 
de l'année, voire deux.   
    Le président de la Fed de New York William Dudley avait 
évoqué clairement pour sa part l'hypothèse d'une hausse dès le 
mois de septembre, une thèse que les "minutes" de la réunion de 
juillet n'accréditent pas vraiment. 
    Septembre serait la seule occasion pour la Fed d'augmenter 
les taux avant l'élection présidentielle de novembre. Les 
marchés ne croient pas trop à ce scénario et pensent toujours 
que les taux ne remonteront pas avant le mois de décembre, voire 
l'année prochaine.  
     
 
 (Jason Lange et Lindsay Dunsmuir; Patrick Vignal pour le 
service français) 
 
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