La Fed divisée sur l'urgence d'une hausse des taux

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LA FED PARTAGÉE SUR L'URGENCE D'UN RELÈVEMENT DES TAUX
LA FED PARTAGÉE SUR L'URGENCE D'UN RELÈVEMENT DES TAUX

par Jason Lange et Lindsay Dunsmuir

WASHINGTON (Reuters) - Les décideurs au sein de la Réserve fédérale restent divisés sur la nécessité de relever les taux d'intérêt dans un avenir proche, indique le compte-rendu de la réunion monétaire de juillet de la banque centrale américaine.

Les membres du Comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed se sont mis d'accord lors de cette réunion pour attendre d'autres indicateurs avant de relever à nouveau les taux, montrent les "minutes" publiées mercredi.

"Certains (...) membres ont prédit que les conditions économiques rendraient bientôt nécessaire une nouvelle étape dans l'abandon d'une politique accommodante", y lit-on.

Les membres du FOMC se sont montrés plutôt confiants concernant les perspectives pour l'économie américaine et le marché de l'emploi. Plusieurs ont fait valoir toutefois que si le rythme des embauches ralentissait, une hausse de taux à court terme pourrait être remise en cause.

Certains ont fait part de leur inquiétude de voir le maintien des taux à des niveaux extrêmement bas menacer la stabilité financière.

"Les minutes contiennent de nouvelles indications concrètes du consensus qui se forme lentement en faveur d'une hausse de taux", a commenté Brian Dolan, responsable de la stratégie de marché pour Drivewealth.

Le dollar a effacé ses gains face à l'euro, au yen et au franc suisse après la publication de ces minutes tandis que les marchés actions et les prix des Treasuries à échéance courte réduisaient leurs pertes.

Les traders évaluent dorénavant à 47% la probabilité d'une hausse des taux en décembre, contre 58% avant la publication des minutes, selon l'étalon FedWatch de CME Group.

UNE HAUSSE AVANT DÉCEMBRE JUGÉE PEU PROBABLE

La banque centrale américaine a relevé ses taux en décembre dernier, pour la première fois depuis près de 10 ans, mais n'y a pas touché depuis, en raison notamment de la volatilité des marchés, du ralentissement de la croissance mondiale et du faible niveau de l'inflation aux Etats-Unis.

A l'issue de sa réunion de juillet, la Fed a déclaré que les risques à court terme pour l'économie avaient diminué, laissant ainsi la porte ouverte à un resserrement de sa politique dans les prochains mois.

Peu avant la publication des minutes de cette réunion, le président de la Fed de Saint-Louis, James Bullard, a déclaré toujours penser qu'une seule hausse des taux suffirait dans un proche avenir, en dépit de la forte progression récente des créations d'emplois aux Etats-Unis.

Certains sont d'un avis légèrement différent, notamment le président de l'antenne d'Atlanta, Dennis Lockhart, qui a déclaré mardi que l'économie américaine était sans doute suffisamment solide pour supporter au moins une hausse de taux d'ici la fin de l'année, voire deux.

Le président de la Fed de New York William Dudley avait évoqué clairement pour sa part l'hypothèse d'une hausse dès le mois de septembre, une thèse que les "minutes" de la réunion de juillet n'accréditent pas vraiment.

Septembre serait la seule occasion pour la Fed d'augmenter les taux avant l'élection présidentielle de novembre. Les marchés ne croient pas trop à ce scénario et pensent toujours que les taux ne remonteront pas avant le mois de décembre, voire l'année prochaine.

(Jason Lange et Lindsay Dunsmuir; Patrick Vignal pour le service français)

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