La Fed de Chicago favorable à un QE3 renforcé en 2013

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LA FED DE CHICAGO FAVORABLE À LA POURSUITE DE LA RELANCE ÉCONOMIQUE EN 2013
LA FED DE CHICAGO FAVORABLE À LA POURSUITE DE LA RELANCE ÉCONOMIQUE EN 2013

ANN ARBOR (Reuters) - La Réserve fédérale maintiendra probablement en 2013 son rythme mensuel d'achats obligataires - 85 milliards de dollars - même après l'expiration fin 2012 du programme Twist qui représente environ la moitié de ce montant, a déclaré jeudi le président de la Fed de Chicago, Charles Evans.

La Fed a lancé jeudi dernier un nouveau plan d'assouplissement quantitatif - le "QE3" - qui se traduit par l'achat de 40 milliards de dollars de dette immobilière par mois, en plus des quelque 45 milliards de dollars d'achats mensuels d'obligations à long terme prévus par Twist.

Alors que le programme Twist court jusqu'à la fin de cette année, aucune limitation dans le temps n'a été fixée pour le QE3 qui restera en place jusqu'à une amélioration substantielle du marché du travail.

"Je serais étonné si c'était le cas avant la fin de l'année", a dit Charles Evans après avoir prononcé un discours à Ann Arbor, dans le Michigan. "Dans ces conditions, je m'attends à ce qu'on continue avec quelque chose comme ces 85 milliards de dollars (...) C'est un bon niveau de référence".

Charles Evans, qui n'a pas de droit de vote cette année au comité de politique monétaire de la Fed, a noté que la décision relevait de cette instance et qu'il y aurait certainement un débat "animé" sur ce qui constitue une amélioration suffisante du marché du travail pour motiver une réduction des rachats d'obligations.

De son côté, le président de la Fed de New York William Dudley a souligné que la baisse du chômage attendue par la banque centrale devrait être durable, soutenue par la croissance et pas uniquement liée à une baisse du nombre d'Américains en quête active d'un emploi.

"COUP DE POUCE"

"Si l'économie se dégrade, nous ferons davantage", a-t-il assuré dans un discours rédigé en vue d'une intervention publique. "Si l'économie se redresse et que nous constatons une amélioration substantielle des perspectives du marché du travail, nous ferons moins au final."

Proche allié de Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale, William Dudley a souligné que l'économie américain avait besoin "d'un coup de pouce dans la bonne direction".

"Quand on essaie de débloquer une voiture embourbée, on n'arrête pas de pousser dès que les roues commencent à tourner: on continue de pousser jusqu'à ce que la voiture roule et soit vraiment dégagée", a-t-il dit.

Les membres de la Fed s'accordent à dire que le taux de chômage, actuellement à 8,1%, est trop élevé et que l'inflation, proche de l'objectif de 2% de la banque centrale, est maîtrisée. Mais ils restent divisés sur la réponse à apporter.

Richard Fisher, le président de la Fed de Dallas et puissant détracteur du programme QE3, a ainsi affirmé mardi qu'il aurait voté contre la semaine dernière s'il avait été un membre votant du comité - le FOMC - cette année.

"L'impact selon moi sera moindre car d'autres facteurs dissuadent les entreprises d'investir ou d'embaucher", a-t-il dit sur CNBC. "Je ne pense pas que ce programme aura beaucoup d'efficacité" .

Charles Evans, lui, se fait depuis deux ans l'avocat infatigable de la politique d'assouplissement quantitatif. Il s'est félicité que la décision de la semaine dernière ait été adoptée par 11 votes avec une seule voix dissidente, celle du président de la Fed de Richmond, Jeffrey Lacker.

Ann Saphir, Véronique Tison pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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