La Fed agira si besoin, consciente des risques, dit Ben Bernanke

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LA FED EST PRÊTE À AGIR SI BESOIN
LA FED EST PRÊTE À AGIR SI BESOIN

JACKSON HOLE, Wyoming (Reuters) - L'économie américaine est confrontée à des défis "impressionnants" et les progrès dans la réduction du chômage aux Etats-Unis sont trop lents a estimé, vendredi, le président de la Réserve fédérale américaine, sans aller jusqu'à envoyer un signal clair sur l'imminence de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire.

Ben Bernanke a dit que la Fed agirait en tant que de besoin pour renforcer la reprise économique mais qu'elle devait aussi mettre en balance les coûts et les avantages d'une nouvelle stimulation monétaire, laissant toutefois entendre que les avantages devraient l'emporter.

"Il est important de réaliser de plus amples progrès, en particulier sur le marché du travail", a-t-il déclaré, lors de son intervention très attendue à l'occasion du symposium annuel de la Fed de Kansas City, à Jackson Hole.

"En prenant pleinement en compte les incertitudes et les limites de ses instruments de politique (monétaire), la Réserve fédérale apportera de nouveaux accommodements en tant que de besoin pour promouvoir une reprise économique plus forte et une amélioration soutenue des conditions du marché du travail dans un contexte de stabilité des prix", a-t-il dit.

Ben Bernanke n'a toutefois pas indiqué clairement qu'un nouvel assouplissement de la politique monétaire serait imminent alors que le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) se réunira les 12 et 13 septembre.

Ces propos sont légèrement en retrait par rapport à ceux qui avaient suivi la réunion du Comité de politique monétaire du 31 juillet et du 1er août à l'issue de laquelle la Fed avait dit vouloir "surveiller de près" les indicateurs économiques à venir pour apprécier la nécessité d'un nouvel assouplissement de la politique monétaire.

Cette inflexion pourrait refléter une réticence croissante de la Fed à se lancer dans une troisième vague d'assouplissement quantitatif après des indicateurs économiques meilleurs qu'attendu au cours des dernières semaines.

Le président de la Fed a clairement indiqué qu'il n'était pas satisfait de l'évolution de l'économie américaine.

"La stagnation du marché du travail en particulier est une inquiétude sérieuse non seulement en raison des énormes souffrances humaines et du gâchis de talents qu'elle entraîne mais aussi parce que des niveaux durablement élevés de chômage provoqueront des dégâts de fond pour notre économie qui pourraient faire sentir leurs effets pendant de nombreuses années", a-t-il prévenu.

Wall Street a cédé une partie de ses gains dans la foulée des déclarations de Ben Bernanke avant de repartir de l'avant, rassurée par leur tonalité accommodante. Les rendements sur les bons du Trésor américain se sont détendus et le dollar a touché un plus bas en séance contre l'euro.

LES RISQUES DES MESURES NON CONVENTIONNELLES MINIMISÉS

"Ces propos font ressortir un Bernanke plus accommodant que nous ne l'attendions - l'inquiétude "sérieuse" sur le marché du travail est frappante", a déclaré David Ader, stratégiste obligataire de CRT Capital Group.

Ben Bernanke a aussi minoré les risques potentiels associés aux décisions de politique monétaire non conventionnelles faisant valoir l'efficacité des achats d'actifs de la Fed dans le soutien à la croissance et aux créations d'emplois.

"Les coûts des politiques non conventionnelles, s'ils sont examinés avec soin, apparaissent raisonnables, impliquant que nous ne devrions pas exclure un nouveau recours à de telles politiques si les conditions économiques le nécessitaient", a-t-il déclaré.

La Fed a réagi à la crise financière et à la récession de 2007-2009 en ramenant ses taux directeurs à un niveau proche de zéro et en injectant 2.300 milliards de dollars de liquidités dans l'économie au travers de rachats d'actifs.

Si l'économie américaine est sortie de la récession il y a maintenant près de trois ans, elle connaît depuis une reprise chaotique, fragile et plus faible que lors des précédentes phases de retournement conjoncturel. La croissance est ressortie à 1,7% en rythme annualisé au deuxième trimestre, insuffisant pour permettre une décrue du taux de chômage qui atteint 8,3%.

"A moins que l'économie ne commence à croître plus rapidement qu'elle ne l'a fait récemment, le taux de chômage se maintiendra vraisemblablement au-dessus des niveaux compatibles avec l'emploi maximal durable", a poursuivi Ben Bernanke.

La publication d'indicateurs économiques meilleurs qu'attendu, en particulier sur l'emploi au mois de juillet, depuis la dernière réunion du FOMC a conduit certains intervenants à anticiper un report de l'annonce par la Fed d'un nouveau programme d'assouplissement quantitatif.

De nombreux économistes ont ainsi estimé que la Réserve fédérale pourrait s'en tenir, lors du prochain FOMC de septembre, à prolonger encore la période de maintien de ses taux directeurs à un niveau proche de zéro. La Fed dit depuis janvier qu'elle s'attend à devoir maintenir ses taux directeurs à des niveaux proches de zéro au moins jusqu'à la fin 2014.

Pedro Da Costa et Alister Bull, Marc Joanny pour la version française, édité par Wilfrid Exbrayat

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  • M2663777 le vendredi 31 aout 2012 à 16:41

    Il l'a déjà dit ya un mois !!!