La famille Ricard reprend les pleins pouvoirs chez Pernod

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par Matthieu Protard et Elena Berton

PARIS (Reuters) - Pernod Ricard a officialisé jeudi l'accession d'Alexandre Ricard aux fonctions de président directeur général du groupe à compter de janvier 2015, renforçant ainsi l'emprise de la famille fondatrice sur le numéro deux mondial des vins et spiritueux.

Ce passage de flambeau, qui interviendra à l'expiration du mandat de l'actuel directeur général Pierre Pringuet, était pressenti depuis le décès de Patrick Ricard, le président du groupe décédé brutalement à la mi-août.

D'ici là, Alexandre Ricard -neveu de Patrick Ricard et de Danièle Ricard, qui devient présidente du groupe- sera directeur général délégué, a précisé le groupe dont les résultats annuels, également diffusés jeudi, traduisent une croissance au plus haut depuis le début de la crise en 2008.

"La nomination d'Alexandre comme directeur général délégué était prévue. Je l'ai préparé à être mon successeur", a déclaré Pierre Pringuet lors d'une interview à Reuters. "Je serai directeur général du groupe jusqu'à fin janvier 2015, quand je serai atteint par la limite d'âge."

"ACQUISITIONS TACTIQUES"

Pour son exercice 2011-2012 clos au 30 juin, Pernod Ricard a profité du dynamisme de ses ventes en Asie et dans les pays d'Europe de l'Est pour compenser la contraction de son chiffre d'affaires en Europe occidentale du fait de la crise dans la zone euro.

Ses ventes ont ainsi progressé de 15% en Asie et de 16% dans les pays d'Europe de l'Est. Elles ont en revanche baissé de 13% en Italie et en Grèce, de 4% en Espagne et de 1% en France.

"Les marchés d'Europe du Sud vont mal et continuent d'aller mal", a dit Pierre Pringuet, soulignant que le groupe parvenait néanmoins à gagner des parts de marché.

Après avoir réduit son endettement, le groupe estime désormais être en mesure de procéder à des acquisitions "tactiques", avec pour cibles géographiques prioritaires les Etats-Unis et les marchés émergents.

"Nous souhaitons rester 'investment grade' parce que l'environnement a changé et qu'on ne peut plus se permettre de monter à des ratios d'endettement aussi élevés que ceux que nous avons eu après (l'acquisition d')Absolut", a insisté Pierre Pringuet.

Côté perspectives, sans donner de prévisions chiffrées, Pernod Ricard s'est dit confiant dans sa capacité à dégager une "solide croissance" pour l'exercice entamée en juillet. Et Pierre Pringuet a indiqué ne pas avoir observé de ralentissement en Chine.

A la Bourse de Paris, l'action Pernod Ricard reculait de 1,7% à 86,29 euros à 11h20, à comparer avec une baisse de 0,15% de l'indice CAC 40 et de l'indice européen du secteur.

"Les résultats annuels sont globalement en ligne", relèvent les analystes de HSBC dans leur note de recherche. "La bonne nouvelle est que le ratio dette nette/Ebitda est plus bas que l'objectif fixé, à 3,8."

Le résultat opérationnel courant (ROC) de Pernod Ricard ressort au final en croissance organique de 9% à 2,114 milliards d'euros.

"Tous les indicateurs avancés (cognac, champagne et whisky) vont dans le même sens", écrit pour sa part Francis Prêtre, analyste de CM CIC Securities. "L'Asie montre toujours une très belle dynamique avec des niveaux d'expéditions toujours très élevés sur des gammes où l'ultra premium reste plébiscité."

Pernod Ricard versera un dividende de 1,58 euro par action au titre de 2011-2012, en hausse de 10%.

Edité par Dominique Rodriguez

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