La famille Foley dissuadée par Washington de verser une rançon

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WASHINGTON, 13 septembre (Reuters) - La famille du journaliste James Foley, assassiné en août par l'Etat islamique, dit avoir été menacée de poursuites par un membre de l'administration américaine en cas de versement d'une rançon pour sa libération. La mère et le frère du reporter américain ont déclaré à ABC News qu'un militaire travaillant pour le Conseil de sécurité nationale les avait avertis à plusieurs reprises qu'ils risquaient une inculpation au pénal dans un tel cas de figure. La Maison blanche a refusé de commenter ces déclarations. "Je ne vais pas entrer dans le détail de qui a dit quoi dans le contexte de ces conversations individuelles", a déclaré le porte-parole de la présidence Josh Earnest. Il a également réaffirmé que les Etats-Unis avaient pour principe de ne pas payer de rançons aux ravisseurs pour éviter d'encourager d'autres enlèvements. "Nous avons pris ça pour une menace et c'était épouvantable", a déclaré Diane Foley, la mère du journaliste décapité par les djihadistes. "A trois reprises, il nous a intimidés avec ce message. Nous étions horrifiés qu'il dise ça. Il nous a simplement dit que nous serions poursuivis. Nous savions que nous devions sauver notre fils, nous devions essayer." Une porte-parole du Conseil de sécurité nationale interrogée par ABC a déclaré que la famille Foley avait été informée des lois américaines interdisant le financement du terrorisme, mais elle a nié qu'elle ait été menacée de poursuites. Le secrétaire d'Etat John Kerry, en visite en Turquie, a dit qu'il ignorait totalement cet incident. "Je ne tolérerai pas que quiconque au sein du département d'Etat fasse de telles déclarations", a-t-il dit. Une vidéo montrant la décapitation de James Foley a été diffusée sur internet le 19 août dernier. Deux semaines plus tard, une vidéo similaire montrait la décapitation d'un autre journaliste américain aux mains des djihadistes, Steven Sotloff. Les Etats-Unis ont révélé avoir mené cet été sans succès en Syrie une opération militaire pour libérer Foley et d'autres otages américains détenus par l'Etat islamique. (Roberta Rampton, avec Jason Szep à Istanbul; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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