La famille de Rémi Fraisse demande des explications à Hollande

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LA FAMILLE DE RÉMI FRAISSE VEUT DES EXPLICATIONS
LA FAMILLE DE RÉMI FRAISSE VEUT DES EXPLICATIONS

PARIS (Reuters) - La famille de Rémi Fraisse, jeune militant tué sur le site du barrage de Sivens (Tarn) fin octobre, a demandé jeudi à François Hollande d'expliquer le silence des autorités pendant 48 heures, alors qu'elles connaissaient selon elle les circonstances de sa mort dès le premier jour.

Me Arié Alimi a lu à la presse une déclaration de la famille du défunt, qui assure, en se fondant sur des éléments de l'enquête de flagrance, que les gendarmes ont immédiatement su qu'une grenade offensive était à l'origine de son décès.

Les déclarations des proches de Rémi Fraisse, dont la mort a suscité une vague d'émotion dans tout le pays, interviennent à quelques heures de l'émission télévisée de mi-mandat du chef de l'Etat, au plus bas dans les sondages.

"Pourquoi, monsieur le président de la République, alors que les militaires le voient distinctement tomber, à la suite de l'explosion de la grenade, que les circonstances de sa mort sont connues dès cet instant, la vérité sur la mort de notre enfant et frère n'a-t-elle pas été immédiatement révélée?", s'interrogent-ils dans un texte lu par Arié Alimi.

Mediapart affirme jeudi que l'Etat a su immédiatement que le jeune était mort des suites d'un tir de grenade offensive et tenté pendant 48 heures de "brouiller les pistes".

Dans la nuit du 25 au 26 octobre, environ 40 grenades offensives ont été lancées par les militaires, selon le site d'information. Celle qui a tué Rémi Fraisse "sur le coup" visait "directement" un petit groupe de quatre à cinq jeunes qui leur lançait des pierres et des mottes de terre, ajoute-t-il.

LE MINISTRE NE S'EXPRIME PAS AVANT LA JUSTICE

"Équipés de jumelles à vision nocturne, plusieurs gendarmes reconnaîtront avoir vu tomber le jeune homme tout de suite après l'explosion, et avoir compris immédiatement ce qui venait de se passer, selon des sources proches du dossier", écrit Mediapart.

Il faudra pourtant attendre le 28 octobre pour que le procureur d'Albi, Claude Dérens, indique que le jeune homme avait sans doute été victime d'une grenade offensive. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé dans la foulée qu'il en suspendait l'utilisation.

"Pendant plus de deux jours, alors qu'effectivement les éléments sont clairs, que tout le monde sait ce qui s'est passé, précisément, dès l'instant où la grenade est tombée, on n'a pas voulu dire ce qui s'est passé, je ne comprends pas, comme la famille de Rémi ne le comprend pas", a dit Me Arié Alimi.

Au ministère de l'Intérieur, on souligne que "la position du ministre est de dire qu'il ne s'exprime pas avant la justice, et qu'il ne l'a jamais fait auparavant".

Les parents de Rémi Fraisse ont demandé jeudi à la presse et à tout le pays, par la voix de leur avocat, de respecter leur volonté d'enterrer leur fils dans l'intimité.

Outre le délai observé avant que soient communiqués des éléments sur sa mort, ils s'interrogent sur la raison pour laquelle le préfet du Tarn a appelé, disent-ils, à une "extrême sévérité" à l'égard des manifestants. Ils demandent aussi au président des explications sur la présence de militaires, "en si grand nombre et surarmés", alors qu'aucun bien ni personne ne nécessitaient de protection sur le site du barrage.

(Chine Labbé, avec Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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  • mark92 le jeudi 6 nov 2014 à 20:20

    La famille devrait pouvoir renseigner les enquéteurs sur la présence de rémi sur le site du barrage. Savaient ils au moins ou il était ?? Pourquoi ??

  • LeRaleur le jeudi 6 nov 2014 à 19:16

    Plutôt demander à leur rejeton. Il fallait l'éduquer.

  • M1531771 le jeudi 6 nov 2014 à 19:05

    J'espère que vous n'êtes pas sérieux M21794686 !

  • M7361806 le jeudi 6 nov 2014 à 18:53

    Hollande va leur demander de mieux surveiller et éduquer leurs enfants !