La famille de la victime de l'essai clinique attend des réponses

le
0
    * L'avocat souligne des "failles" dans le protocole 
    * La famille dit n'avoir aucune information 
 
    PARIS, 11 mars (Reuters) - La famille du volontaire décédé à 
Rennes en janvier lors d'un essai clinique a soulevé vendredi 
une série d'interrogations sur les circonstances de sa mort, 
notamment concernant le protocole du laboratoire en cause, et 
réclamé des réponses. 
    "Il y a beaucoup de choses qui ont été tues, qui ont été 
cachées, et on les apprend au fur et à mesure, essentiellement 
pas les médias. Aucune autorité, jusque-là, ne m'a contactée", a 
déploré son épouse lors d'une conférence de presse. 
    L'avocat des proches, Me Jean-Christophe Coubris, a relevé à 
cette occasion des "failles" dans le protocole rédigé par le 
laboratoire portugais Bial, qui avait confié au centre de 
recherche Biotrial le test d'une molécule. 
    "Il y a dans ce protocole une contradiction à l'égard de 
tous les principes des essais thérapeutiques tels qu'ils sont 
réglementés en France", a-t-il dit, ajoutant que celui du 
laboratoire Bial ne répondait pas aux critères de rigueur 
habituellement requis. 
    Il s'est dit surpris en particulier que le test soumis aux 
patients, qui a conduit à l'hospitalisation de cinq autres 
personnes, n'ait pas poursuivi d'objectif clinique précis. 
    "C'est en soi une première anomalie et je suis extrêmement 
étonné qu'elle n'ait pas choqué les autorités compétentes qui 
étaient là pour s'assurer du bien-fondé de cet essai (...). Je 
parle de l'agence du médicament, l'ANSM, et je parle de la 
commission de la protection des personnes, la CPP", a déclaré Me 
Jean-Christophe Coubris. 
    Selon lui, les volontaires ont pu en réalité servir de 
"cobayes" au laboratoire portugais qui aurait pu vouloir 
apporter, via cet essai, la preuve de la validité scientifique 
de la parapsychologie. 
    La famille du volontaire décédé se demande également dans 
quelle mesure le centre de recherche Biotrial de Rennes a tardé 
à réagir après l'apparition des premiers symptômes. 
    En janvier, elle a porté plainte contre X pour homicide 
involontaire. 
    Selon un groupe d'experts indépendants mis en place par 
l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), l'accident 
survenu durant les essais semble lié avant tout à la molécule 
testée.   
    L'accident fait l'objet de trois enquêtes, diligentées 
respectivement par l'ANSM, par l'Igas (Inspection générale des 
affaires sociales) et par la police judiciaire. 
    Le rapport final de l'Igas (Inspection générale des affaires 
sociales), qui a pointé début février "trois manquements 
majeurs" dans l'essai clinique, est attendu pour fin mars. 
  
 
 (Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant