La famille de la victime de l'essai clinique attend des réponses

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LA FAMILLE DE LA VICTIME DE L'ESSAI CLINIQUE VEUT DES RÉPONSES
LA FAMILLE DE LA VICTIME DE L'ESSAI CLINIQUE VEUT DES RÉPONSES

PARIS (Reuters) - La famille du volontaire décédé à Rennes en janvier lors d'un essai clinique a soulevé vendredi une série d'interrogations sur les circonstances de sa mort, notamment sur le protocole du laboratoire en cause, et réclamé des réponses.

"Il y a beaucoup de choses qui ont été tues, qui ont été cachées, et on les apprend au fur et à mesure, essentiellement pas les médias. Aucune autorité, jusque-là, ne m'a contactée", a déploré son épouse lors d'une conférence de presse.

L'avocat des proches, Me Jean-Christophe Coubris, a relevé à cette occasion des "failles" dans le protocole rédigé par le laboratoire portugais Bial, qui avait confié au centre de recherche Biotrial le test d'une molécule.

"Il y a dans ce protocole une contradiction à l'égard de tous les principes des essais thérapeutiques tels qu'ils sont réglementés en France", a-t-il dit, ajoutant que celui du laboratoire Bial ne répondait pas aux critères de rigueur habituellement requis.

Il s'est dit surpris en particulier que le test soumis aux patients, qui a conduit à l'hospitalisation de cinq autres personnes, n'ait pas poursuivi d'objectif clinique précis.

"C'est en soi une première anomalie et je suis extrêmement étonné qu'elle n'ait pas choqué les autorités compétentes qui étaient là pour s'assurer du bien-fondé de cet essai (...). Je parle de l'agence du médicament, l'ANSM, et je parle de la commission de la protection des personnes, la CPP", a déclaré Me Coubris.

Selon lui, les volontaires ont pu en réalité servir de "cobayes" au laboratoire portugais qui aurait pu vouloir apporter, via cet essai, la preuve de la validité scientifique de la parapsychologie.

La famille du volontaire décédé se demande également dans quelle mesure le centre de recherche Biotrial de Rennes a tardé à réagir après l'apparition des premiers symptômes.

En janvier, elle a porté plainte contre X pour homicide involontaire.

Selon un groupe d'experts indépendants mis en place par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), l'accident survenu durant les essais semble lié avant tout à la molécule testée.

L'accident fait l'objet de trois enquêtes, diligentées par l'ANSM, par l'Igas (Inspection générale des affaires sociales) et par la police judiciaire. Le rapport final de l'Igas, qui a évoqué début février "trois manquements majeurs" dans l'essai clinique, est attendu pour fin mars.

(Simon Carraud, édité par Yves Clarisse)

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  • paspil il y a 9 mois

    visiblement l'essai avait fait des degats sur les animaux ... si c est le cas c est grave pour la sécurité des tests en France et sur le controle .

  • degrowth il y a 9 mois

    Et il se trouve toujours des autobaptisés "risquophiles" qui ne veulent pas entendre parler de "principe de précaution" .