La faible rentabilité des banques, priorité cardinale de la BCE

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    par Francesco Canepa 
    FRANCFORT, 6 janvier (Reuters) - L'origine des profits des 
banques européennes et la faiblesse de leurs résultats sont les 
principaux facteurs de risque pour le secteur bancaire, estime 
la Banque centrale européenne (BCE), laissant ainsi entendre que 
la solidité de leurs fonds propres n'est plus sa première 
préoccupation. 
    Les banques se plaignent depuis longtemps que les nouvelles 
et strictes exigences réglementaires en matière de fonds propres 
restreignent leurs capacités de prêt et que leurs marges 
souffrent du bas niveau des taux d'intérêt lié aux politiques 
monétaires ultra-accommodantes. 
    Pour la BCE, les modèles d'activité et les faibles profits 
des banques sont ses nouvelles priorités de l'année, l'emportant 
sur la question de l'adéquation du capital qui préoccupait les 
autorités de surveillance depuis la crise financière de 
2008-2009. 
    "Le risque associé au modèle d'activité et à la rentabilité 
est le plus prégnant, d'autres risques importants se posant 
également mais à des degrés divers dans les pays participant au 
Mécanisme de surveillance unique (MSU)", explique l'institut 
d'émission, dans un document publié sur son site. 
    Ces autres risques sont notamment ceux liés à la qualité de  
crédit, au niveau élevé de créances douteuses, au comportement 
et à la gouvernance. Il existe aussi le risque d'un krach de la 
Bourse et du marché obligataire après plusieurs années de 
hausse. 
    La BCE, qui supervise les grands établissements bancaires de 
la zone euro depuis la fin 2014, a légèrement accentué ses 
exigences de fonds propres cette année, par rapport à 2015, mais 
la plupart des banques concernées ont déjà largement plus de 
capital qu'il ne leur en faut. 
    Même si les ratios prudentiels restent une priorité de la 
BCE, cette dernière se préoccupe davantage à présent des faibles 
profits de certaines banques et se demande si certains 
établissements ne prennent pas des risques excessifs pour faire 
de l'argent. 
    "L'analyse des facteurs de rentabilité facilitera 
l'identification des banques souffrant d'une rentabilité 
structurellement faible", explique l'institut d'émission. 
    "Dans ce contexte, la supervision consistera 
particulièrement en un examen des sources de la rentabilité : 
provient-elle, notamment, d'un abaissement des critères d'octroi 
des crédits, d'un recours élargi aux financements à court terme 
ou d'une hausse des expositions aux risques ne correspondant pas 
à l'appétence pour le risque signalée par la banque ?" 
     
    Le communiqué de presse sur les priorités pour 2016 de la 
BCE dans le domaine de la supervision bancaire (en français): http://bit.ly/1kLEsoU 
    Le communiqué détaillé sur le site de la BCE dédié à la 
supervision bancaire (en français) : http://bit.ly/1kLFQI7 
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc 
Joanny) 
 
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