La facture d'eau en mal de transparence

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Le prix de l'eau payé par les Français est « opaque » et « inéquitable », ont affirmé mercredi 60 Millions de consommateurs et la fondation France Libertés, après avoir analysé 4 000 factures fournies par des consommateurs.

«Les factures sont illisibles, certains intitulés sont incompréhensibles, les dates sont parfois incohérentes, les tranches tarifaires ne sont pas précisées...», affirment les deux associations. Autre constat, ­logique si l'on inclut le coût fixe de l'abonnement, le mètre cube revient plus cher quand on utilise moins d'eau. Difficile, aussi, de comprendre pourquoi les prix varient autant d'une commune à l'autre. Certes, le coût de l'eau potable, celui du traitement des eaux usées et les taxes, qui composent la facture, restent des données très variables. Mais, de moins de 2 euros le m³ dans certaines communes à 7,50 euros à Saint-Malo, le fossé est large.

Le prix moyen de l'eau dans l'Hexagone ressort à près de 3,40 euros le m³, selon des études Insee et SOeS-SSP. Alors, chère ou pas, l'eau du robinet? Tout dépend de la façon dont on regarde la facture. «L'eau du robinet en France est l'une des moins chères en Europe à un peu plus de 3 euros du m³ contre plus de 5 euros du m³ en Allemagne», note Jean-Philippe Tridant-Bel, associé du cabinet Alcimed. Avec un coût moyen de 327 euros par ménage en 2010, le budget de l'eau est moitié moins élevé que celui des dépenses de télécommunication et cinq fois plus faible que celui de l'énergie, fait valoir le cabinet d'études Bipe.

Sujet sensible

Le montant commence pourtant à paraître élevé à beaucoup de ménages. Et à intéresser les élus, lesquels se sont longtemps assez peu préoccupés de son impact dans la vie de leurs administrés. Il est vrai qu'ils étaient d'autant moins interpellés sur ce sujet que deux Français sur trois (ceux qui habitent dans un logement collectif, par exemple) ne reçoivent pas directement de facture. Le sujet devient sensible. les factures d'eau sont majorées de près de 10 % à cause des frais de dépollution, soulignait mardi l'association de consommateurs UFC-Que choisir, ce qui n'empêche pas «2 700 communes, soit près de deux millions de Français, de recevoir une eau de mauvaise qualité». La Médiation de l'eau, créée en 2009, souligne de son côté, qu'elle a reçu près de 1 000 dossiers l'an dernier, essentiellement pour des problèmes de surfacturations.

Face à ces nouvelles demandes, les élus tentent de baisser les prix. Paris, passé en régie municipale en 2010, et le Sedif, qui a, l'inverse, renouvelé son contrat avec l'opérateur privé Veolia, ont diminué les tarifs l'an dernier pour les quelque 7,5 millions d'habitants de la capitale et de la banlieue parisienne. Beaucoup de communes se penchent, aussi, sur la tarification sociale. À Libourne, Bordeaux, Niort, Arras ou encore Orléans, les tarifs sont découpés en tranches croissantes en fonction des volumes consommés ou des réductions sont accordées sur les premiers mètres cubes d'eau. Veolia affirme évoquer systématiquement le sujet lors des rendez-vous pour les renouvellements de contrats.

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