La droite veut "révolutionner" les transports en Ile-de-France

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* 18 milliards d'euros d'investissements sur 6 ans * Une rénovation totale du réseau * L'accent mis sur la sécurité * Des téléphériques urbains ? PARIS, 6 octobre (Reuters) - Valérie Pécresse, donnée gagnante en Ile-de-France par un récent sondage, s'est engagée mardi à une "révolution" des transports dans la région avec des investissements de 18 milliards d'euros d'ici à 2021, qui seraient financés intégralement par le budget selon elle "dispendieux" de la majorité sortante de gauche. Les transports sont avec la sécurité et l'emploi les principaux sujets de préoccupation des Franciliens, dont 8,3 millions empruntent quotidiennement les transports en commun durant 1h20 en moyenne. Malgré des investissements en hausse, retards, inconfort et insécurité continuent de rythmer les déplacements. Le budget transports représente en 2015 plus d'un tiers du budget global de la région (4,926 milliards) avec 1,803 milliards d'euros, dont un milliard d'investissements. "L'heure est venue de tourner la page de 18 ans de sous-investissements, de choix discutables et d'abandons successifs", déclare Valérie Pécresse, chef de file Les Républicains-UDI-MoDem, qui entend prendre sa revanche sur la défaite de 2010 lors des élections régionales de décembre. Face à la vétusté du réseau, dénoncée dès 2010 dans un rapport de la Cour des comptes, l'ancienne ministre du Budget de Nicolas Sarkozy promet des rames neuves ou rénovées en 2021 sur les lignes du RER et du Transilien avec l'achat de 407 trains qui s'ajouteraient aux 280 déjà programmés par le Stif (Syndicat des transports d'Ile-de-France), qui gère le réseau. Valérie Pécresse envisage à terme l'automatisation des lignes de métro 4, 11 et 13, et des lignes de RER B et D. Les rames seraient toutes équipées de climatisation, de vidéo-protection, de panneaux vidéo pour informer les voyageurs sur le trafic, de prises électriques et du réseau 4G pour voyager "utile". Des bus de substitution "rapides" et "confortables", assure la candidate, circuleraient le temps des travaux de rénovation, notamment sur les lignes A et C du RER et la ligne 13 du métro, points noirs du réseau. DÉPOLLUER LES TUNNELS DU MÉTRO Pour les habitants de la "grande couronne" (Val-d'Oise, Yvelines, Essonne, Seine-et-Marne), ceux qu'elle considère comme les "oubliés du Grand Parix express", chantier mené par l'Etat, la députée des Yvelines annonce notamment cinq nouvelles lignes de bus express et mille bus supplémentaires. Des bus seraient mis en service la nuit les vendredi et samedi après l'arrêt des RER et des Transiliens qui suivraient le tracé des lignes. Pour remédier à la saturation du réseau, Valérie Pécresse, qui fait campagne avec l'ancienne secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno (UDI), propose la création de téléphériques urbains pour, par exemple, traverser Bagnolet, rallier la gare d'Orsay au plateau de Saclay ou Pont-de-Sèvres à Vélizy. La phase "verte" de son programme prévoit également la dépollution des tunnels du métro et du RER où l'on dénombre jusqu'à quatre fois plus de particules fines qu'à l'extérieur et l'achat de bus à zéro émission, comme le Bolloré "Bluebus". La candidate insiste également sur la sécurité, dont le candidat du Front national, Wallerand Saint-Just, a fait l'un de ses axes de campagne. Elle promet des caméras de surveillance dans chaque wagon de train, chaque rame de RER et de métro, chaque tramway et chaque bus. Comme Claude Bartolone, chef de file du Parti socialiste, elle préconise la création d'une police régionale des transports. Elle s'engage en outre à l'embauche de 250 agents supplémentaires, à obtenir l'autorisation de patrouilles en civil et la possibilité pour un policier de présenter via un smartphone une personne interpellée sur le réseau à l'officier de police judiciaire. Les policiers bénéficieraient de la gratuité du Pass Navigo s'ils s'engagent à porter leur arme de service sur leur trajet travail-domicile. Valérie Pécresse conserverait le Pass Navigo unique à 70 euros (300 millions d'euros par an) "sans augmentation d'impôts" (via notamment la suppression de la réduction de 75% pour les étrangers en situation irrégulière et une "lutte implacable" contre la fraude qui coûte 200 millions d'euros par an), mais elle veut le transformer en "Pass mobilités universel" donnant accès à tous les transports, y compris Velib et Autolib. (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)


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