La droite verrouille sa primaire, consensus sur les législatives

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    * Un amendement pour éviter les parrainages de gauche 
    * "NKM" s'estime visée 
    * Sarkozy s'accorde avec ses rivaux sur les législatives 
 
 (Actualisé avec bureau politique) 
    PARIS, 29 mars (Reuters) - Les Républicains ont "clarifié" 
mardi les règles de la primaire de la droite afin de 
circonscrire l'appartenance politique des élus appelés à 
parrainer un candidat, un camouflet pour Nathalie 
Kosciusko-Morizet qui entendait "dépasser les clivages". 
    Nicolas Sarkozy a par ailleurs éteint, temporairement, la 
querelle l'opposant à ses rivaux sur les investitures aux 
législatives de juin 2017 en reportant la résolution des cas les 
plus litigieux à l'après-primaire, comme l'en pressaient ses 
concurrents. 
    S'agissant des parrainages, le bureau politique du parti 
d'opposition s'est prononcé à une large majorité (76 voix pour, 
six contre, une abstention) pour une "précision" du règlement, 
qui ne disait rien de la couleur politique des "parrains". 
    Désormais, les parrains devront signer la Charte d'adhésion 
aux valeurs républicaines de la droite et du centre, à l'instar 
des futurs votants. 
    Face à la difficulté de réunir les parrainages d'au moins 
vingt parlementaires de sa famille politique, Nathalie 
Kosciusko-Morizet avait évoqué la possibilité d'en glaner chez 
les centristes et les écologistes. 
    Lors de la réunion, la députée de l'Essonne, qui s'estime la 
cible d'une cabale de Nicolas Sarkozy et de ses principaux 
rivaux, a dénoncé un "tripatouillage" rédhibitoire, selon elle, 
pour les électeurs. 
    Elle a notamment reçu l'appui de Dominique Bussereau, un 
soutien d'Alain Juppé, qui a souligné la nécessité d'"accueillir 
les déçus de la gauche", et d'Henri Guaino, l'ancien conseiller 
de Nicolas Sarkozy, qui a jugé peu "correct" de changer les 
règles du jeu en cours de route, ont dit des participants. 
    Un candidat à la primaire doit être parrainé par au moins 
250 élus répartis sur au moins 30 départements, dont au moins 20 
parlementaires, et par au moins 2.500 adhérents sur au moins 15 
départements. 
     
    COMPROMIS SUR LES LÉGISLATIVES 
    Le sarkozyste Frédéric Péchenard, directeur général des 
Républicains, avait critiqué mardi matin sur Europe 1 l'"idée un 
petit peu baroque" de Nathalie Kosciusko-Morizet "de vouloir se 
faire parrainer par des gens de gauche". 
    Réplique de "NKM" sur Twitter : "Que l'organisateur, comme 
le directeur général des Républicains, veuillent changer les 
règles, ce n'est pas baroque, ça sonne juste faux". 
    Un autre amendement a été adopté mardi qui prévoit que "le 
cas échéant, le solde positif de la primaire serait affecté au 
compte de campagne du candidat qui aura emporté la primaire", 
précise le parti dans un communiqué. 
    La question brûlante des investitures a été abordée au terme 
de la réunion. 
    Alain Juppé, qui ne participait pas au bureau politique, 
avait jugé mardi "intempestive" la volonté du président de LR de 
"pousser les feux" des désignations. 
    Le président des Républicains, qui n'a toujours pas 
officialisé sa candidature à la primaire des 20 et 27 novembre, 
voulait boucler la procédure en juin car, expliquait-il en 
février au Monde, "les comptes de campagne commencent un an 
avant les élections". 
    Ses adversaires, qui soupçonnent l'ancien chef de l'Etat de 
vouloir favoriser des investitures à son profit pour s'assurer 
des relais électoraux, militaient pour une répartition des 
circonscriptions après la désignation du candidat de la droite, 
en novembre. Ils ont obtenu partiellement gain de cause. 
    Nicolas Sarkozy, comme attendu, a mis sur la table une 
résolution de compromis qui a été adoptée à l'unanimité des 83 
membres présents. 
    Les candidats seront investis avant l'été "dans toutes les 
circonscriptions où un consensus se dégagera". La reconduction 
des sortants ne serait donc pas automatique. 
    Pour les autres circonscriptions, la décision est reportée 
"après le second tour de la primaire", le 27 novembre, précise 
un communiqué. 
    La commission nationale d'investiture des Républicains 
établira avant le 14 juillet prochain la liste des candidats 
qu'elle propose d'investir ou de soutenir. 
 
 (Sophie Louet avec Claude Canellas à Bordeaux, édité par Simon 
Carraud) 
 
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