La droite ne va pas se taire, répond Juppé à Moscovici

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PARIS (Reuters) - L'opposition de droite "ne va pas se taire" face au pouvoir socialiste et notamment Pierre Moscovici qui l'accuse de n'avoir "rien foutu" en 2012 pour la réduction des déficits publics, a déclaré lundi Alain Juppé, qui accuse le ministre de l'Economie et des Finances de dire "n'importe quoi".

Invité dimanche de l'émission "Internationales" sur RFI-TV5 Monde-Le Monde, Pierre Moscovici a enjoint à l'ancien Premier ministre François Fillon et l'ex-ministre du Budget Valérie Pécresse de "se taire" et de cesser d'"administrer des leçons".

"C'est à nous de surmonter toutes leur erreurs. Ils n'ont pas fait ce qu'il fallait. Ils n'ont rien foutu pour réduire les déficits pendant cette année et c'est à nous que revient le poids de réformes structurelles justes. Qu'ils se taisent, nom de Dieu !", a-t-il lancé.

La Cour des comptes rend lundi un rapport sur l'état des finances publiques de la France.

"C'est le rêve de tout pouvoir dominateur, ne pas avoir d'opposition. Je rassure M. Moscovici, on ne va pas se taire et on va lui rappeler la certification des comptes de la France par la Cour des comptes au titre de 2011", a réagi Alain Juppé sur Europe 1.

"Elle écrit dans son rapport qu'un effort très significatif de réduction des déficits a été fait en 2011", a-t-il précisé. "M. Moscovici dit n'importe quoi sur ce sujet".

Pierre Moscovici affirme dans une interview au Figaro que le précédent gouvernement a laissé pour 1,5 milliard d'euros de dépenses non financées.

"Ce qu'il oublie de dire, c'est que le gouvernement socialiste vient d'en rajouter vingt milliards : l'augmentation de la prime de rentrée scolaire, c'est pas nous, le retour partiel à la retraite à 60 ans, ce n'est pas nous, le recrutement de milliers de fonctionnaires supplémentaires, ce n'est pas nous", a commenté Alain Juppé.

"C'est un peu fort de café, quand même, de faire porter la responsabilité de la dégradation des comptes publics sur le régime précédent. Ça n'a pas de bon sens", a-t-il dit.

Valérie Pécresse a dit pour sa part sur LCI sentir "beaucoup de nervosité et d'inélégance chez Pierre Moscovici".

"La vérité, c'est qu'il n'y a pas de surprise dans ce budget 2012 : dans 360 milliards de dépenses de l'Etat, 1,5 milliard, c'est un aléa habituel, totalement absorbable dans l'exécution budgétaire", a-t-elle justifié. "Il n'y a aucune surprise et aucune ardoise".

Sophie Louet

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