La droite en tête aux municipales, percée du FN

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LA DROITE NETTEMENT EN TÊTE AU PREMIER TOUR DES MUNICIPALES
LA DROITE NETTEMENT EN TÊTE AU PREMIER TOUR DES MUNICIPALES

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - La droite a viré nettement en tête dimanche à l'issue du premier tour des élections municipales, un scrutin marqué par une percée sans précédent du Front national dans plusieurs villes de France et la confirmation du désaveu de la gauche au pouvoir.

Selon une estimation BVA, les listes de l'UMP et de ses alliés centristes totalisent 48% des voix au niveau national, contre 43% pour les listes de gauche et 7% pour les listes FN.

La gauche recule de cinq points par rapport aux élections de 2008, alors un cru exceptionnel pour le PS, et l'UMP est en passe de réussir son pari avec une avance notable.

"On ne va pas raconter d'histoires, ce soir la gauche subit une défaite", a dit Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, sur France 2.

A Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), cible prioritaire du FN, Steeve Briois, secrétaire général du parti, est élu. Un score historique qui en appellera d'autres, selon le FN.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a appelé "l'ensemble des forces démocratiques" à faire barrage au FN au second tour, dimanche prochain.

L'abstention a atteint un nouveau record après celui des municipales de 2008 - entre 35% et 38,5% -, une désaffection à même de doper les scores du Front national.

Le seuil de qualification pour le second tour ayant été abaissé à 10% des suffrages exprimés (barre franchie par Marine Le Pen dans quelque 900 communes lors de la présidentielle de 2012), le FN, qui a présenté 596 listes, compte se maintenir dans des dizaines de communes et envisage d'autres victoires.

DÉSAVEU POUR LE PS À MARSEILLE

Il est en tête à Fréjus (Var), Avignon (Vaucluse), Perpignan (Pyrénées-Orientales), Béziers (Hérault), Forbach (Moselle) et Saint-Gilles (Gard).

"C'est la fin de la bipolarisation de la vie politique française. Le FN arrive comme une grande force autonome" a dit Marine Le Pen sur TF1, qui parle d'"un cru assez exceptionnel".

Cette première élection nationale après la présidentielle et les législatives de 2012 intervient dans un climat politique tendu où les "affaires", notamment celles visant l'ancien président Nicolas Sarkozy, ont éclipsé la campagne.

L'UMP, qui savait ne pouvoir miser sur "une vague bleue" comme en 1983 en raison d'une image dégradée et de la menace du FN, compte inverser le rapport de forces dans les villes de plus de 9.000 habitants (près de 1.100 communes) qui sont contrôlées par la gauche à 54,5%, telle Angers qui pourrait basculer ou Niort, qui passe à droite après 60 ans de gouvernance de gauche.

L'UMP et le PS scrutent les résultats de Paris et Marseille, deux enjeux majeurs du scrutin.

Le maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin est en tête avec plus de 38% devant le FN (plus de 22%) et le PS Patrick Mennucci (21%) à Marseille. "Au-delà des apparences des chiffres, rien n'est joué", a dit le candidat PS après sa contre-performance.

A Paris, la socialiste Anne Hidalgo est au coude à coude avec sa rivale UMP Nathalie Kosciusko-Morizet, mais les particularités du scrutin parisien font que la dauphine du maire sortant Bertrand Delanoë devrait s'imposer.

L'UMP REDOUTE DES TRIANGULAIRES

A Lyon, troisième ville de France, le maire socialiste sortant Gérard Collomb, qui avait été réélu en 2008 au premier tour, est en ballottage favorable pour un troisième mandat mais le FN a imposé des triangulaires dans plusieurs arrondissements de la ville.

L'UMP craint que l'abstention ne l'expose à des triangulaires fatales avec le FN au second tour, un scénario qui sauverait en retour la mise de sortants socialistes. Des triangulaires l'attendent notamment à Reims, Saint-Etienne, Metz et Amiens. Le Front national s'était maintenu dans 138 villes au second tour aux municipales de 1995.

L'UMP réunira son bureau politique lundi après-midi pour réaffirmer la doctrine contestée du "ni ni" arrêtée en 2011 par Nicolas Sarkozy : ni Front national, ni front républicain.

Le président de l'UMP, qui joue son avenir à la tête du premier parti d'opposition, a demandé dimanche que "ceux qui ont voté FN se reportent sur l'UMP" le 30 mars.

A l'instar de Jean-Marc Ayrault, ministres et responsables du PS ont renouvelé l'appel au Front républicain, dénonçant "l'ambiguïté" de l'UMP.

Selon Jean-François Copé, "les conditions d'une grande victoire sont réunies" pour l'UMP qui est notamment en tête à Toulouse, Nîmes, Quimper, Strasbourg.

Alain Juppé est réélu dès le premier tour à Bordeaux, Edouard Philippe au Havre, Christian Jacob à Provins, Laurent Wauquiez au Puy-en-Velay, Xavier Bertrand à Saint-Quentin, Eric Woerth à Chantilly, François Baroin à Troyes.

(Avec service France et correspondants de province, édité par Yves Clarisse)

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  • janaliz le dimanche 23 mar 2014 à 23:55

    Il faut transformer l'essai et les bouter hors les murs des mairies. Je suis content ! Dans ma ville les sondages ont été battus en brèche par les résultats, et j'en suis personnellement heureux. Le plus ahurissant étant le résultat de Marseille ! Les Français en ont marre de ces soutiens sans faille à tous les reclus de la terre que nous accueillons à bras ouverts. Mais visiblement à gauche on ne comprend pas grand chose...