La directrice du Musée Picasso écartée au nom de "l'apaisement"

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RÉVOCATION D?ANNE BALDASSARI, DIRECTRICE DU MUSÉE PICASSO
RÉVOCATION D?ANNE BALDASSARI, DIRECTRICE DU MUSÉE PICASSO

PARIS (Reuters) - La directrice du Musée Picasso, à Paris, a été révoquée mardi par le ministère de la Culture, une décision rarissime censée mettre fin à un feuilleton de quelque cinq années où les péripéties d'une rénovation contestée l'ont disputé aux attaques contre une figure controversée du monde des arts.

Née en 1955, Anne Baldassari, qui s'est vouée corps et âme à la résurrection d'un musée où elle avait débuté en 1992 au département des archives, ne présidera pas comme elle le souhaitait à sa réouverture, maintes fois repoussée et théoriquement prévue à la mi-septembre.

Le nécessaire rétablissement d'un climat social "serein et apaisé" en a décidé ainsi, justifie la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, dans un communiqué.

Elle invoque les exigences de la réouverture prochaine du musée "dans les meilleures conditions", "la protection des agents du musée" et le rétablissement d'un "cadre de confiance" entre le musée et ses interlocuteurs.

"Par respect pour (son) travail scientifique", elle propose à Anne Baldassari de réaliser l'accrochage de la collection en vue de la réouverture du musée, ce que l'intéressée, qui s'est entretenue mardi avec la ministre, devrait refuser.

Un nouveau directeur sera désigné "sous quinzaine".

Le sort de la directrice du Musée Picasso, dont le mandat avait débuté en novembre 2005 et devait expirer en 2015, s'explique tout à la fois par les ratés de la modernisation de ce musée national, fermé au public depuis 2009, et ses méthodes de gestion jugées autoritaires par une partie du personnel.

A la suite d'une alerte des membres du personnel auprès de la direction médicale du ministère de la Culture, notamment, la ministre avait saisi en janvier l'Inspection générale des affaires culturelles sur "la situation sociale" de l'établissement.

52 MILLIONS D'EUROS

Les conclusions de l'Igac "font apparaître un climat de travail extrêmement dégradé, une profonde souffrance au travail et une atmosphère anxiogène mettant en danger les agents", souligne Aurélie Filippetti dans son communiqué.

Une bonne partie du personnel réclamait de longue date le départ d'Anne Baldassari -une conservatrice du patrimoine passionnée, reconnue pour ses compétences scientifiques "remarquables"- et certains de ses membres menaçaient d'une grève illimitée si elle était maintenue à son poste.

Anne Baldassari a oeuvré sans relâche à la rénovation ambitieuse -que ses détracteurs qualifient déjà de "fiasco"- du musée sis dans l'hôtel Salé, un hôtel particulier du XVIIe situé dans le quartier historique du Marais.

Le chantier, parsemé d'embûches, notamment une inesthétique aile de béton au permis de construire contesté que les riverains veulent voir mise à bas, s'est transformé en gouffre financier. Le coût du programme, estimé initialement à 30 millions d'euros, est désormais évalué à 52 millions d'euros.

L'Etat y a participé à hauteur de 19 millions et Anne Baldassari, qui visait un million de visiteurs par an, a contribué pour une bonne part au financement en organisant des expositions internationales itinérantes du maître cubiste.

Le Musée Picasso, inauguré en septembre 1985, renferme la plus riche collection mondiale d'oeuvres du peintre, dessinateur et sculpteur espagnol.

Anne Baldassari, défendue par le fils du maître, Claude Picasso, auprès du Premier ministre Manuel Valls, conteste les griefs à son encontre et dénonce des "manoeuvres".

(Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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  • dlabore le mardi 13 mai 2014 à 19:14

    des salaires de misnitre pour faire une grosse M.ER DE

  • fgino le mardi 13 mai 2014 à 19:04

    la ministre de l'inculture !