La diplomatie kosovare à Belgrade, plaide pour un traité de paix

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BELGRADE, 23 octobre (Reuters) - Le Kosovo a exhorté jeudi la Serbie à reconnaître son indépendance lors du premier déplacement à Belgrade d'un ministre des Affaires étrangères de l'ex-province serbe depuis l'indépendance proclamée en 2008. Le chef de la diplomatie kosovare, Enver Hoxhaj, a souligné que la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo par la Serbie - qui nie une quelconque souveraineté de son ancienne province - devrait se faire sous forme d'un traité de paix. "De notre point de vue, le dialogue devrait aboutir à un traité de paix qui inclurait la reconnaissance du Kosovo comme un Etat indépendant et à l'admission du Kosovo dans l'Otan", a déclaré Enver Hoxhaj à la presse. Le ministre kosovar des Affaires étrangères se trouvait dans la capitale serbe dans le cadre d'un sommet rassemblant des ministres représentant différents Etats des Balkans sous l'égide de l'Union européenne, quinze ans après la guerre du Kosovo. "Je suis à Belgrade pour la première fois depuis 25 ans", a ajouté Enver Hoxhaj en anglais. "Cela montre à quel point le chemin vers Belgrade a été difficile, (pourtant) ce n'est qu'à quatre heures de route." Interrogé sur la signification de sa présence dans la capitale serbe, le ministre kosovar a répondu : "Je suis le symbole d'un Kosovo souverain." Aucun drapeau ou symbole n'était visible durant la réunion. Les responsables serbes n'ont pas réagi dans l'immédiat aux propos du chef de la diplomatie kosovare. Pour de nombreux Serbes, le Kosovo représente le berceau de leur nation et de la foi orthodoxe mais la majorité des 1,7 million d'habitants de l'ancienne province serbe appartiennent à l'ethnie albanaise et sont de confession musulmane bien que la plupart soient laïcs. L'indépendance du Kosovo a été reconnue par plus d'une centaine de pays mais pas par la Russie, alliée de la Serbie, qui fait usage de son droit de veto pour empêcher le petit Etat des Balkans d'intégrer l'Onu. Mercredi, le Comité international olympique (CIO) a accordé au Kosovo une reconnaissance temporaire, ouvrant la voix à une possible participation d'athlètes kosovars aux Jeux olympiques de Rio prévus en 2016. "Le Kosovo est indépendant. Personne ne peut interrompre le cours de l'histoire", a affirmé Enver Hoxhaj, estimant que la décision du CIO était un pas de plus vers "le renforcement de la souveraineté kosovare". (Ivana Sekularac; Agathe Machecourt pour le service français)

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