«La diffusion de la montre est un signe émouvant du progrès social chinois»

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Jean-Luc Domenach est sinologue et directeur de recherche à Sciences Po, à Paris. Son dernier ouvrage La Chine m'inquiète est publié chez Perrin.

Vous êtes allé une cinquantaine de fois dans ce pays, est-ce que le rapport des Chinois au temps a évolué?

En effet. Dans la période maoïste, le temps est totalitaire car il n'appartient qu'aux chefs. Seuls les cadres communistes possèdent une montre. Et les plus beaux modèles sont l'apanage exclusif des chefs des chefs... Mao et ses généraux étaient connus pour s'en faire offrir lorsqu'ils étaient en pourparlers avec d'autres puissances. Plus prosaïquement, dans les champs de bataille, ils les prenaient sur les corps des colonels vaincus des armées adverses. Comme le temps appartenait aux puissants, il y avait très peu d'horloges publiques. La seule utilité qu'aurait eue le petit peuple de connaître l'heure aurait été pour aller travailler. Or, à cette époque, la plupart des Chinois habitaient sur leur lieu de travail. Leur vie était alors régie par des sonneries marquant les heures de labeur, des repas, etc. De fait, jusqu'à la fin des années 1950, la C

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