La difficile éradication des groupes extrémistes

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par Marine Pennetier

PARIS (Reuters) - La dissolution de groupuscules extrémistes en France, évoquée après la violente agression d'un militant de gauche mercredi à Paris, doit répondre à des critères parfois difficiles à définir juridiquement et ne constitue pas une solution sur le long terme, estiment les analystes.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé jeudi l'intention du gouvernement de "tailler en pièces" les groupuscules d'extrême droite, accusés d'être derrière l'agression de l'étudiant de 19 ans.

L'Etat peut dissoudre un groupe si ce dernier répond à l'un des sept critères prévus dans le cadre de l'article L212-1 du code de la sécurité intérieure.

Les associations provoquant des "manifestations armées dans la rue", ayant pour objectif "d'attenter par la force à la forme républicaine du gouvernement" ou qui provoquent "à la haine ou à la violence envers une personne en raison de ses origines, son ethnie, sa race ou religion" sont notamment concernées.

"Je pense que la mise en avant de la question de la dissolution n'est juridiquement pas fonctionnelle parce qu'elle doit répondre à des critères spécifiques qui, dans ce cas précis, ne semblent pas être remplis", souligne André Dechot, spécialiste des "extrêmes droites" à la Ligue des droits de l'homme.

"L'enjeu pour l'Etat n'est pas d'apporter une réponse autoritaire et bureaucratique, il s'agit d'apporter des réponses de fond qui fassent refluer des idées et refluer les groupes qui les défendent", ajoute-t-il.

Pour Nonna Mayer, politologue spécialiste de l'extrême droite rattachée au Cevipof, la dissolution de ces groupes n'est pas "nécessairement la solution".

"On sait très bien que chaque fois qu'on dissout un groupe violent, il renaît sous un autre nom mais on peut appliquer des sanctions", dit-elle sur LCI.

UNITÉ RADICALE

Plusieurs groupes ont été dissous ces dernières années conformément à la loi du 10 janvier 1936 relative aux "groupes de combats et aux milices privées" dont l'article L212-1 est issu.

En 2002, le groupe "Unité radicale" dans lequel militait Maxime Brunerie qui avait tenté d'assassiner Jacques Chirac, a été interdit. L'un de ses dirigeants Fabrice Robert participe peu après à la création en 2003 du Bloc Identitaire.

Trois ans plus tard, sous le gouvernement Villepin, le mouvement alsacien néo-nazi, Elsass Korps, qui prônait la supériorité de la "race blanche", est dissous.

Dernier mouvement à avoir été interdit en France, Forsane Alizza, un groupuscule radical adepte d'un islam fondamental dissous le 1er mars 2012. Le groupe était accusé par le gouvernement de former ses militants à la lutte armée.

La question de la dissolution a refait récemment surface avec les propos tenus par des membres du "Printemps français", l'aile la plus radicale de l'opposition au mariage homosexuel, qui a appelé à prendre pour cible le gouvernement et les partis politiques. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a indiqué fin mai que l'interdiction de ce mouvement était à l'étude.

Le gouvernement avait également envisagé l'an dernier de dissoudre "Génération identitaire" qui avait occupé le chantier de la mosquée de Poitiers en octobre avant d'y renoncer, notamment pour des raisons juridiques.

Edité par Patrick Vignal

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  • M8252219 le jeudi 6 juin 2013 à 18:26

    il faudrait éradiquer l'extrême gauche, groupes fachistes fils de pol pot, freres de staline copains de Carlos et de guévara leur seul objectif est le pouvoir comme les pré-cités