La dette souveraine irlandaise pénalisée par le risque de Brexit

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    par John Geddie 
    LONDRES, 15 juin (Reuters) - Les inquiétudes des 
investisseurs sur les conséquences d'une éventuelle sortie du 
Royaume-Uni de l'Union européenne pour l'Irlande, dont la 
Grande-Bretagne est le premier partenaire économique, ont 
entraîné une augmentation de la prime payée par Dublin sur ses 
emprunts d'Etat par rapport à ceux de l'Allemagne, référence 
pour le marché obligataire européen. 
   L'écart de rendement sur les emprunts d'Etat à dix ans de 
l'Irlande  IE10YT=TWEB  et de l'Allemagne  DE10YT=TWEB  a 
atteint jusqu'à 88 points de base mercredi, au plus haut depuis 
juillet 2015, selon des données Tradeweb. 
    Les derniers sondages donnent le camp du "Leave" en tête des 
intentions de vote à huit jours du référendum du 23 juin sur le 
maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE tandis que le Sun, 
principal titre de la presse tabloïd britannique, a appelé ses 
lecteurs à voter en faveur du Brexit. 
    Pour l'Irlande, dont l'économie n'a pas complètement effacé 
les séquelles de la crise financière de 2008-2009, un Brexit 
aurait de lourdes conséquences.  
    "Au cours de ces derniers jours l'Irlande a clairement 
sous-performé, les marchés la sanctionnant en raison de ses 
liens commerciaux étroits avec le Royaume-Uni", commente Martin 
van Vliet, stratégiste taux chez ING.  
    Un recul de 1% du produit intérieur brut britannique a 
entraîné dans le passé une contraction de 0,3% de l'activité en 
Irlande, toutes choses égales par ailleurs, selon des calculs 
réalisés par le courtier Davy Stockbrokers.  
    En plus de ses conséquences économiques, un éventuel Brexit 
pourrait avoir des répercussions sur la situation de l'Irlande 
du Nord sous administration britannique, sur la sécurité des 
approvisionnements de l'Irlande en énergie et sur la liberté de 
circulation pour les très nombreux Irlandais travaillant en 
Grande-Bretagne.  
    L'écart de rendement (spread) entre les emprunts d'Etat à 10 
ans irlandais et allemands s'est creusé de 23 points de base 
cette semaine, le creusement le plus marqué parmi les pays de la 
zone euro à l'exception du Portugal et de la Grèce 
particulièrement pénalisés par le regain d'aversion au risque 
des investisseurs. 
    "L'Irlande est plus exposée que n'importe quel autre pays de 
la zone euro aux conséquences d'un Brexit", souligne Jack Allen, 
économiste pour l'Europe de Capital Economics dans une note 
publiée cette semaine.  
    Cantor Fitzgerald, l'un des principaux teneurs de marché sur 
la dette souveraine irlandaise, s'attend à ce que le spread à 10 
ans entre l'Irlande et l'Allemagne se creuse de 20 points de 
base supplémentaires en cas de Brexit.  
    Les inquiétudes des investisseurs sur les conséquences d'une 
possible sortie du Royaume-Uni de l'UE ont contribué à pousser 
mardi le rendement des obligations d'Etat allemandes à 10 ans en 
territoire négatif, une première. L'adjudication de Bund à 10 
ans réalisée mercredi par Berlin a fait ressortir un rendement 
moyen à l'émission au plus bas record de 0,01%. 
    Les banques irlandaises se préparent à d'éventuelles 
perturbations et à une volatilité accrue sur les marchés 
financiers en cas de Brexit, a dit mardi le vice-gouverneur de 
la banque centrale.   
     
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
 
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