La dette grecque, publique comme privée, a ses partisans

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* Athènes n'a pas de problème d'endettement - Japonica Partners * La firme d'investissement parie toujours sur la dette grecque * Certaines dettes privées grecques aussi très attractives-gérant LONDRES/PARIS, 5 février (Reuters) - Le retour des inquiétudes sur la dette grecque, alimenté par les velléités de renégociation du nouvel exécutif arrivé aux affaires à Athènes et par les réticences des créanciers internationaux, laisse la firme d'investissement Japonica Partners de marbre. Installée à Providence dans l'Etat de Rhode Island, aux Etats-Unis, Japonica Partners avait défrayé la chronique en juin 2013 en proposant de racheter pour 2,9 milliards d'euros de dette grecque, portant ce montant à 4 milliards d'euros le mois suivant. La boutique d'investissement fondée par Paul Kazarian, un ancien banquier de Goldman Sachs qui s'était fait un nom dans les années 90 avec la restructuration musclée du groupe américain de petit électroménager en faillite Allegheny International, avait alors proposé de reprendre la dette publique grecque à moins de 50% de sa valeur de marché. L'opération s'étant déroulée de gré à gré et Japonica n'étant pas enregistrée auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), il est difficile de déterminer l'ampleur de son portefeuille de titres publics grecs. La flambée des rendements de la dette d'Athènes, après l'arrivée au pouvoir du parti de la gauche radicale Syriza, à des niveaux qu'on n'avait plus vus depuis 2012 0#GRTSY=TWEB n'a toutefois pas modifié les convictions de Japonica. "Nous sommes des détenteurs à long terme et nous ne ménagerons pas nos efforts pour que justice soit rendue à la Grèce", écrit Christopher Magarian, son directeur financier dans un courriel à Reuters. "L'opinion publique grecque a été fondamentalement trompée sur la dette par le précédent gouvernement", a-t-il ajouté, reprochant à ce dernier d'avoir terrorisé ses citoyens en mesurant l'endettement d'une manière inappropriée. La confiance de Japonica dans la solvabilité de la Grèce tient en cinq lettres: IPSAS, un sigle qui désigne les normes internationales de comptabilité publique. Suivant les normes comptables utilisées aussi bien par le gouvernement grec jusqu'à présent que par ses créanciers internationaux, la dette publique grecque dépasse les 320 milliards d'euros et atteindrait 175% du produit intérieur brut (PIB) du pays. Mais en recourrant aux normes Ipsas, qui prennent en compte le fait qu'une grande partie de la dette grecque bénéficie de différés de remboursement et de taux particulièrement bas, la dette nette de la Grèce ne représenterait que 18% de son PIB. Dans une présentation video, Kazarian a qualifié cette situation "d'énorme avantage concurrentiel" soulignant par ailleurs qu'au regard des normes Ipsas, la dette nette de la Grèce rapportée au PIB serait de moitié inférieure à celle de l'Allemagne. Une démonstration qui est loin d'avoir convaincu l'ensemble des investisseurs. "Les normes comptables peuvent avoir leur importance... mais ce dont le marché se préoccupe vraiment c'est de ce que dit le Fonds montétaire international", résume Salman Ahmed, stratège obligataire chez Lombard Odier. CREDIT: HELLENIC TELECOM COMPARABLE A ORANGE Certains investisseurs à long terme se montrent en revanche très friands de dettes privées grecques. Gilles Frisch, gérant chez Swiss Life Asset Managers, ne tarit pas d'éloges sur la dette d'Hellenic Telecom OTEr.AT , l'opérateur historique grec, dont il souligne la qualité de crédit comparable à celle d'Orange ORAN.PA en dépit d'une notation B quand l'opérateur français affiche BBB+ chez Standard & Poor's. Le rendement à 10 ans offert par les obligations Hellenic Telecom ressort à près de 6% contre 1% pour Orange, alors que l'opérateur grec a ramené son ratio dette nette sur Ebitda à 1. "J'ai commencé à m'intéresser à Hellenic Telecom dès 2011 au moment où, en pleine crise de la dette grecque, ses obligations se traitaient à la moitié du pair avec des rendements allant jusqu'à 25%", explique-t-il, ajoutant qu'il avait alors été rassuré par la petite participation détenue par Deutsche Telekom DTEGn.DE dans le tour de table d'Hellenic Telecom. "Deutsche Telekom détient aujourd'hui 40% du capital et pourrait utiliser Hellenic Telecom comme plateforme pour se déployer en Europe orientale et du sud où les marges sur la téléphonie mobile sont encore très bonnes", ajoute Gilles Frisch. Il détient aussi de la dette de Titan Cement TTNr.AT , un groupe familial noté BB, très diversifié géographiquement avec 30% de ses activités aux Etats-Unis et une gestion financière très conservatrice qui l'a conduit à réduire son endettement de 60% depuis la crise. Il est plus prudent mais investi sur la dette d'Intralot INLr.AT , spécialisé dans la fourniture de systèmes de gestion de loteries et opérateur de loteries dans une cinquantaine de pays, principalement émergents. Noté B mais avec un profil de risque plus important, Intralot offre un rendement de 10%. Mais Gilles Frisch se tient aussi à l'écart de nombreux émetteurs grecs soit parce qu'ils sont trop exposés à l'économie du pays, soit parce qu'ils peuvent être directement affectés par les décisions annoncées ou attendues du nouveau gouvernement grec, qu'il s'agisse du gel de privatisations ou d'entreprises qui ont beaucoup amélioré leur profil financier grâce à la très forte baisse des salaires en Grèce. (Marius Zaharia à Londres et Marc Joanny à Paris, édité par Wilfrid Exbrayat)


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