La dette grecque continue d'agiter l'Europe politique

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(Actualisé avec ministre allemand de l'Economie, banques grecques, changement de slug) PARIS, 29 janvier (Reuters) - La France est favorable à la renégociation de la dette de la Grèce, ont déclaré jeudi plusieurs responsables français en insistant sur les efforts consentis depuis des années par les Grecs, qui, selon l'Allemagne, ne doivent cependant pas transférer leur fardeau aux citoyens des autres pays de la zone euro. La question de la dette grecque, qui représente 175% du PIB du pays, est revenue au centre des débats européens depuis la victoire dimanche du parti de la gauche radicale Syriza. Le nouveau Premier ministre, Alexis Tsipras, a martelé mercredi sa volonté de négocier un allègement de la dette d'Athènes tout en revenant sur les mesures d'austérité imposées depuis 2010 à la population en échange d'une aide financière internationale. ID:nL6N0V71NJ Pour Harlem Désir, secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, "la dette (grecque) doit être remboursée mais on peut discuter des conditions de ce remboursement, par exemple des délais". "Avec les autres partenaires européens, nous avons une préoccupation, c'est que la Grèce soit en situation le plus vite possible de rembourser les emprunts qu'elle a contractés auprès de l'Europe", a dit l'ancien secrétaire du Parti socialiste sur Radio classique et LCI, jugeant "insoutenable" le niveau actuel de cette dette. Harlem Désir a jugé "normal" que François Hollande adopte un "rôle de médiateur et de facilitateur" entre les nouveaux dirigeants grecs et les dirigeants européens. Le président français doit rencontrer Alexis Tsipras avant le Conseil européen du 12 février tandis que les ministres des Finances des deux pays, Michel Sapin et Yanis Varoufakis, se verront lundi à Paris. Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale a été encore plus clair que Harlem Désir. "Il faut rééchelonner, il faut renégocier" la dette grecque, a dit Bruno Le Roux sur France 2. BERLIN INSISTE SUR LES PROBLÈMES INTERNES À LA GRÈCE "Il n'est pas possible de ne laisser aucun espoir à un peuple et de le condamner à rembourser tous les mois, tous les ans, tous les fruits de la croissance et du redressement qu'il met en oeuvre", a-t-il ajouté, tout en insistant sur le fait que "ce n'est pas en laissant filer les déficits que pourra se résoudre la situation grecque". Le ministre allemand de l'Economie a lui aussi reconnu jeudi les épreuves endurées par les Grecs. Il a toutefois jugé que ces derniers devaient en rechercher les causes dans les dysfonctionnements de leur pays plutôt que d'en imputer la responsabilité aux politiques d'austérité exigées par la "troïka" de leurs créanciers internationaux (Banque centrale européenne, Union européenne et Fonds monétaire international). "Tous les peuples démocratiques doivent respecter la décision prise démocratiquement par les électeurs ainsi que le droit d'un gouvernement nouvellement élu à choisir son cap, mais les citoyens du reste de l'Europe ne doivent pas s'attendre à supporter le fardeau d'un changement politique en Grèce", a dit le social-démocrate Sigmar Gabriel devant les députés allemands. Les inégalités en Grèce ne sont pas le fait de la "troïka" mais de problèmes propres au pays, a-t-il insisté, tout en invitant Alexis Tsipras à respecter les termes de l'aide internationale. Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a écarté mercredi toute logique de confrontation entre Athènes et Bruxelles. "Je ne crois pas du tout que nous allions vers une logique de confrontation", a dit l'ancien ministre français des Finances tandis que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, prévenait à son tour qu'il n'était "pas question" de supprimer la dette grecque. ID:nL6N0V74KM ID:nL6N0V7523 La perspective d'un affrontement inquiète les investisseurs, notamment au sujet de la survie des banques grecques. L'indice des valeurs bancaires à la Bourse d'Athènes .FTATBNK a plongé mercredi de quasiment 27% pour atteindre un niveau historiquement bas. Il se reprenait de 6% jeudi matin, la banque américaine Morgan Stanley ayant insisté dans une note sur "la valeur à long terme" des banques grecques pour les investisseurs. (Jean-Baptiste Vey, avec Jean-Michel Bélot et Bertrand Boucey, René Wagner, Matthias Sobolewski, Stephen Brown et Alexandra Hudson à Berlin, Sudip Kar-Gupta à Londres; édité par Marc Angrand)

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