La dette française est à la mode au Japon

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LES INVESTISSEURS JAPONAIS SE BOUSCULENT SUR LA DETTE FRANÇAISE
LES INVESTISSEURS JAPONAIS SE BOUSCULENT SUR LA DETTE FRANÇAISE

par Hideyuki Sano

TOKYO (Reuters) - Les investisseurs japonais ont été ces derniers mois les premiers acheteurs des obligations émises par l'Etat français, un engouement qui illustre le sentiment que l'Europe est promise à une phase de déflation et de faible croissance comparable à celle qu'a connue le Japon ces dernières décennies.

Depuis que la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé en mai qu'elle prendrait des mesures radicales d'assouplissement de sa politique monétaire, les banques et d'autres grands investisseurs nippons se sont rués sur le marché obligataire français, convaincus par leur propre expérience que la dette d'un pays dont la banque centrale combat la déflation est un pari gagnant, expliquent analystes et gérants.

"D'une certaine manière, ils s'attendent à une 'japonisation' : une déflation accompagnée d'une longue période de taux d'intérêt nuls", résume Hiroki Shimazu, économiste senior de SMBC Nikko Securities.

Au total, les investisseurs japonais ont consacré 1.900 milliards de yens, soit 14 milliards d'euros, à des achats d'obligations françaises en mai, l'équivalent de plus de 60% des nouvelles émissions du Trésor français sur cette période, montrent les statistiques du ministère japonais des Finances.

Les chiffres de juin ne sont pas encore disponibles mais plusieurs intervenants estiment que les achats japonais de titres français ont encore augmenté le mois dernier, dans un contexte plus généralement favorable à la dette de la zone euro. Selon l'un d'eux, les investisseurs japonais ont acheté l'équivalent de trois quarts des nouvelles émissions françaises en juin.

Les obligations françaises représentent en quelque sorte le compromis idéal pour un investisseur japonais désireux de prendre position sur le marché de la zone euro : elles offrent un rendement supérieur à celui des titres allemands et un risque moindre que les italiens, les notes souveraines de Rome étant moins bonnes que celles de Paris.

L'ÉVÉNEMENT DE L'ANNÉE

En données brutes, les investisseurs japonais ont dépensé 6.600 milliards de yens (47,7 milliards d'euros) en achats de dette française en mai, un montant sans commune mesure avec celui de 1.000 milliards enregistré l'an dernier et qui est - de loin - le plus élevé depuis que Tokyo a commencé à compiler ces données en 2005.

Si la crise de la zone euro a été émaillée ces dernières années d'épisodes d'envolée des taux et de baisse des cours des obligations, les références historiques des investisseurs japonais sont bien différentes.

Durant la longue période de baisse des prix et de croissance faible dont a souffert l'archipel, le marché obligataire nippon s'est en effet illustré comme l'un des plus porteurs du monde sur le long terme.

Après avoir ramené ses taux d'intérêt à zéro, la Banque du Japon a inventé pendant cette période le concept d'"assouplissement quantitatif" en s'engageant dans des achats massifs d'obligations afin d'injecter des liquidités dans l'économie.

"Pour gagner de l'argent en investissant, il faut prendre la plus importante position possible sur l'événement le plus important de l'année, c'est comme cela qu'on gagne", explique le directeur d'une société de courtage européenne à Tokyo, ajoutant que, pour les investisseurs japonais, "l'assouplissement de la BCE est l'événement le plus important de l'année".

"DÉJÀ VU"

La promesse du président de la BCE, Mario Draghi, de maintenir des taux très bas pendant "une période prolongée" et d'assurer aux banques la fourniture de liquidités illimitées à taux très faible jusqu'en décembre 2016, a été perçue au Japon comme le signe que les taux en zone euro ne bougeront pas pendant deux ans.

Cette perspective permet aux investisseurs de jouer sur la courbe de rendement. Par exemple, une obligation à cinq ans achetée aujourd'hui alors qu'elle offre un rendement de 0,47% et conservée deux ans devrait voir son cours s'apprécier si les taux de marché restent inchangés puisque la dette à trois ans n'offre qu'un rendement de 0,1% environ.

Le rendement à 10 ans français, lui, a touché la semaine dernière un nouveau plus bas historique sous 1,55%, grâce entre autres aux achats japonais. Il est toutefois encore trois fois plus élevé que celui qu'offrent les emprunts d'Etat japonais.

Parallèlement, même si la BCE assure qu'il est très faible, le risque de voir la zone euro sombrer dans la déflation n'effraie pas outre mesure les investisseurs japonais, qui ont vécu des années de baisse des prix.

Ils se souviennent en effet que pendant les années de stagnation, les consommateurs nippons ont accumulé les dépôts sur leurs comptes bancaires et restreint leurs emprunts, ne laissant pas d'autre choix aux banques que d'investir leurs liquidités sur le marché obligataire.

La hausse de l'épargne a nourri l'excédent courant du Japon, favorisant l'appréciation du yen et attisant les pressions déflationnistes, un autre parallèle avec la situation actuelle de la zone euro, dont l'excédent courant a inscrit un record en janvier, assurant un soutien à la monnaie unique alors que la BCE s'efforce de la faire baisser.

(Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)

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  • pascalcs le mardi 15 juil 2014 à 04:33

    Ce n’est pas bien nouveau. Cela fait plusieurs années que le Japon achète de la dette Française qui ne vaut rien avec des yens qui ne valent rien. La finance contemporaine dans toute sa logique circulaire et absurde. Mais bon, tant que les Goebbels de la finance et des banques centrales continueront de faire croire au petit peuple que leur monnaies et dettes ont de la valeur, on pourra continuer encore un peu ce triste cirque.

  • Av'DiamS le lundi 14 juil 2014 à 21:43

    @M972, mes propos sont se qu'ils sont, quant a mon orthographe je peux a se jour me permettre de ne plus y faire attention (a un certain niveau se n'est plus l'orthog qui vous fait progresser!...15% des grands patrons du CAC sont illettrés (mdr) & mon économie de comptoir me va a se jour (Salarié en gastronimie, Chef de projet en CH, PDG d'une SAS en France) et oui 3 jobs...mais reste les pieds sur terre sans etre insultant comme certains.

  • M9722583 le lundi 14 juil 2014 à 18:47

    @Av'DiamS : Vos propos sont complètement incohérents et votre orthographe est une horreur... Arrêtez là votre cours d'économie de comptoir.

  • frk987 le lundi 14 juil 2014 à 15:16

    Ils achètent même du Beaujolais et c'est pire que les oblig françaises !!!!

  • Av'DiamS le lundi 14 juil 2014 à 15:14

    reco, nervall

  • Av'DiamS le lundi 14 juil 2014 à 14:49

    Merci fortunos, tu donnes crédit a mon post rien qu'en le commentant et cela que se soit en + ou -, En faite c'est de stratégie hostile que je fais allusion dans mon commentaire avec une pointe de pragmatisme de bas étage, Je te met au défis d'acheter une baguette dans une boulangerie avec 5Cts en poche en lui disant que tu y a droit, car tu spécules sur ça boulangerie!!...mdr, Pire tu lui revends la baguette que tu n'as pas a 10€...

  • fortunos le lundi 14 juil 2014 à 14:27

    contrairement eux pleureurs de Bourso qui n arretent pas de cra cher sur notre pays,ceux qui ont le pognon ont confiance en ceux qui nous gouvernent.avdiams a un gros probleme pour rediger son commentaire completement incoherent

  • luc00115 le lundi 14 juil 2014 à 14:26

    Si on se jette sur la dette française, alors il faut se demander quelle est la crédibilité des autres débiteurs publics.

  • salaf67 le lundi 14 juil 2014 à 14:21

    c’est une supercherie pour faire croire aux citoyens que tour va pour le mieux.La dette française finira par exploser et nos billets sur les livrets A et B seront alors sansvaleur. Nous deviendrons les esclaves de nos créanciers grâce aux ânes qui nous gouvernent droit dans le mur.

  • Av'DiamS le lundi 14 juil 2014 à 14:17

    Comment se peut-il ? Le Japon 3X en dette de son PIB peut-il acheter des obligations d'un Pays a 1X en débit de son PIB !! Comme si un chômeur avec RSA pouvait prendre Alstom avec son compte bancaire en débit (+ interdiction bancaire)...Donc d'apres moi se n'est ni + ni - une ruse; "Sortir d'un piége pour en tomber dans un autre, n'en est pas moins une solution...a méditer.

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