La détention de Takieddine, une "farce" pour son avocat

le
0
ZIAD TAKIEDDINE MIS EN EXAMEN ET ÉCROUÉ
ZIAD TAKIEDDINE MIS EN EXAMEN ET ÉCROUÉ

PARIS (Reuters) - La mise en examen et le placement en détention provisoire de Ziad Takieddine relèvent d'une "farce" destinée à le réduire au silence, a déclaré samedi l'un de ses avocats.

L'homme d'affaires franco-libanais, soupçonné d'avoir voulu prendre la fuite à l'étranger alors qu'il fait l'objet d'un contrôle judiciaire, a été mis en examen vendredi soir et écroué à la prison de la Santé, a-t-on appris de source judiciaire.

Il est poursuivi pour corruption d'agents publics étrangers, escroquerie, fraude fiscale et organisation d'insolvabilité, a-t-on précisé de même source.

"C'est une farce pour le condamner au silence médiatique", a dit samedi sur Europe 1 l'un de ses avocats, Me Bérenger Tourné.

Ziad Takieddine avait été placé en garde à vue jeudi à Paris dans le cadre d'une information judiciaire ouverte début mai par le parquet de Paris, disait-on de source proche de l'enquête.

Mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi et impliqué dans l'enquête sur d'éventuels financements libyens de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, Ziad Takieddine aurait acheté un passeport diplomatique de la République dominicaine, précise-t-on de même source.

Ce passeport aurait coûté 200.000 dollars (environ 154.000 euros), selon une source proche de l'enquête. Le juge Renaud Van Ruymbeke est chargé de l'instruction dans cette information judiciaire ouverte contre X.

Me Bérenger Tourné s'est étonné samedi du déroulement des faits.

"Le 11 avril, on saisit ce vrai faux passeport au cours d'une perquisition, et c'est deux mois plus tard qu'on nous fait croire à un complot d'évasion. Pendant deux mois, Ziad Takieddine a sollicité à trois reprises d'être entendu par le juge Renaud Van Ruymbeke", dit-il.

"En dépit des rendez-vous judiciaires qui ne cessaient d'être repoussés par le juge, subitement on vient le mettre en examen pour une affaire qui date de deux mois et on fait croire qu'il voulait quitter le territoire", ajoute l'avocat.

Deux hommes d'affaires soupçonnés d'avoir servi d'intermédiaires dans l'achat de ce passeport, et également placés en garde à vue jeudi, ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire. L'un d'eux, Sam Zormati, est un Français. L'autre, Carlos Peres, est un Américain.

Gérard Bon et Nicolas Bertin, édité par Julien Dury et Patrick Vignal

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant