La dernière «boulette» de Rebsamen sur le compte pénibilité

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Le ministre du Travail a créé une fausse joie aux artisans du bâtiment en annonçant lors de leur congrès la suppression de la fiche individuelle de pénibilité pour les PME. Une annonce aussitôt démentie par Matignon.

Nouvelle boulette de François Rebsamen ou acte de bravoure politique? Invité jeudi par les artisans du bâtiment réunis pour l'assemblée générale de leur confédération, la Capeb, le ministre du Travail n'y est pas allé par quatre chemins. «Il n'y aura pas de fiche individuelle à remplir pour les petites entreprises à partir de juin» dans le cadre du compte pénibilité, a-t-il déclaré, ajoutant même que «s'il faut supprimer des critères inapplicables, on les supprimera».

Ces propos ont aussitôt suscité l'enthousiasme des artisans, qui dénoncent depuis le départ une «usine à gaz» impossible à mettre en place. «Nous sommes ravis! Nous sommes très contents!», a ainsi réagi la Capeb. Et l'organisation de détailler les critères de pénibilité jugés inapplicables dans le BTP: torsions, bras levés, postures et degrés… Mais la joie a été de courte durée. Interrogé, Matignon a indiqué dans l'après-midi que «rien ne change», en attendant les conclusions des mission d'information actuellement en cours. Deux missions sur la pénibilité ont été confiées l'une à Michel de Virville, et l'autre à Christophe Sirugue ainsi qu'à Gérard Huot.

«Rien n'est arbitré. C'est une Rebsaminade de plus», a confié un proche du dossier, tandis que le ministère du Travail se livrait à un rétropédalage en règle. Évoquant une «interprétation abusive» des propos du ministre, son cabinet affirme qu'il a seulement réaffirmé son souhait d'une simplification du dispositif.

Mesure emblématique de la réforme des retraites de 2014

L'entourage de François Rebsamen précise que le ministre entendait signifier qu'une fois que les missions chargées de faire des propositions pour simplifier la mise en œuvre du compte auront rendu leurs conclusions en juin, si des critères sont inapplicables, «on les supprimera». «Il l'a dit devant 600 personnes. Nous l'avons tous entendu, ce n'était pas de l'improvisation, a pourtant confirmé au FigaroPatrick Liebus, le président de la Capeb. Si l'on ne fait pas marche arrière sur ce sujet, je ne retiens plus les artisans. Si l'on nous fait des annonces feu de paille et des effets de manche, je ne réponds plus de rien, ça va très mal se passer. Nous croyons en la sincérité de François Rebsamen», prévient-il.

Mesure emblématique de la réforme des retraites de 2014, le compte pénibilité permet aux salariés ayant exercé des métiers pénibles de pouvoir se former, travailler à temps partiel ou partir plus tôt à la retraite, en cumulant des points pendant leur carrière. Depuis le 1er janvier, les salariés exposés à quatre facteurs - travail de nuit, travail répétitif, en horaires alternants ou en milieu hyperbare (comme les travaux sous-marins) -, ont droit à un compte. Les six autres facteurs (postures pénibles, manutentions manuelles de charges, agents chimiques, vibrations mécaniques, températures extrêmes, bruit) entreront en vigueur en 2016. Le compte est réservé aux salariés du privé. Le gouvernement a estimé qu'il profiterait «à près d'un million de salariés dès 2015 et 3 millions dès 2016».

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  • mfouche2 le vendredi 10 avr 2015 à 09:31

    A l'image du "maitre" en matière de boulettes, bévues, ratages, et autres bavures , François 1er .

  • michka21 le jeudi 9 avr 2015 à 23:25

    30 000 euros de revenu mensuel avec son cumul des mandats, ... ca laisse reveur avec un tel niveau d incompetence

  • pichou59 le jeudi 9 avr 2015 à 23:21

    il l'a montré quand il était administrateur chez DEXIA

  • patr.fav le jeudi 9 avr 2015 à 20:47

    vraiment incompétent ce ministre !!!!!!!!