La déprime pétrolière rejaillit sur Wall Street

le , mis à jour à 23:04
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LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS
LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS

par Abhiram Nandakumar et Noel Randewich

NEW YORK (Reuters) - Wall Street a terminé la séance de mercredi en baisse, accentuant ses pertes dans les derniers échanges sous la pression d'Apple et d'un baril de Brent revenu tutoyer le plus bas de 11 ans qu'il avait inscrit la semaine passée.

L'indice S&P-500 parvient toutefois à conserver un maigre gain sur l'ensemble de l'année, de 0,2%. Le Nasdaq affiche lui une hausse de 7% environ, tandis que le Dow est en recul de quelque 1,2%.

Le brut a rétrocédé ses gains de mardi en raison de prévisions anticipant un hiver court en Amérique du Nord et en Europe, qui ajoutent au marasme d'un marché par ailleurs saturé.

D'autant que le ministre saoudien du Pétrole Ali al Naimi a déclaré que son pays, premier exportateur mondial de brut, n'entendait pas limiter sa production et qu'il pouvait répondre à une augmentation de la demande.

Le brut a accentué son repli avec l'annonce d'une hausse de 2,6 millions de barils des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière, alors que les analystes prévoyaient en moyenne une baisse de 2,5 millions.

Le contrat de février sur le Brent a touché un plus bas de séance de 36,35 dollars le baril, à moins de 40 cents de son plancher de 11 ans.

A Wall Street, l'indice Dow Jones a cédé 117,11 points (0,66%) à 17.603,87 points. Le S&P-500, plus large, a perdu 15 points (0,72%) à 2.063,36. Le Nasdaq Composite a laissé 42,09 points (0,82%) à 5.065,85.

Ces pertes annihilent pratiquement les gains enregistrés la séance précédente, elle-même influencée, positivement cette fois-là, par le pétrole et l'énergie.

Les volumes ont été ténus, comme à l'accoutumée ces derniers jours, et il en sera sans doute de même demain jeudi, dernière séance boursière de l'année.

L'indice S&P de l'énergie a subi le recul le plus prononcé de la séance, de 1,47%. Les pétroliers Chevron et Exxon Mobil ont perdu 1,27% et 1,33% respectivement.

Cet indice est en recul de 24% environ depuis le début de l'année, de loin la pire performance sectorielle, suivi par l'indice des matières premières qui laisse 10% et abandonne 1,04% ce mercredi.

"Les traders ne regretteront pas 2015 c'est sûr! Ce fut l'une de ces années où la plupart des catégories d'actifs ne donnent rien", a dit Jeff Kravetz (U.S. Bank Wealth Management).

"Il n'y a aucune cohérence et aucun suivi haussier, c'est déroutant. Cela dit, ç'a été comme ça toute l'année", a noté Donald Serkin (National Securities).

ENVOLÉE DE WEIGHT WATCHERS

Apple est la valeur qui a le plus pesé sur les indices S&P-500 et Nasdaq Composite, lâchant 1,31%, la firme à la pomme continuant de subir les craintes d'une baisse des ventes d'iPhones l'an prochain. Craintes qui lui ont fait perdre 9% durant le mois écoulé.

Par ailleurs, Apple payera 318 millions d'euros au fisc italien pour solder un différend et signera en 2016 un accord avec Rome sur les impôts dus en Italie au titre de 2015 et au-delà, selon une source proche du dossier.

Dans le compartiment high tech toujours, Netflix et Amazon.com, les meilleures performances du S&P-500 cette année, ont perdu respectivement 2,02% et 0,7%.

L'équipementier sportif Nike, meilleure performance du Dow cette année, abandonne 1,57%.

Aux valeurs encore, Pep Boys-Manny, Moe & Jack recule de 2,9%. Icahn Enterprises, holding de l'investisseur activiste Carl Icahn qui gagne presque 1%, a annoncé ce mercredi le rachat de l'équipementier automobile pour un milliard de dollars environ, le japonais Bridgestone ayant décidé de jeter l'éponge.

Fairchild Semiconductor International prend 3,7%. Le spécialiste des semi-conducteurs a annoncé mardi avoir reçu une offre non sollicitée révisée de Party G à 21,70 dollars par action contre 20 dollars pour l'offre amicale d'ON Semiconductor présentée mi-novembre. Ce dernier laisse 1,58%.

Weight Watchers a flambé de 19%, alignant une troisième séance dans le vert, conséquence du lancement la semaine dernière par la chaîne de diététique d'une campagne de publicité avec l'animatrice de télévision Oprah Winfrey.

Le nombre de titres échangés a été de 4,6 milliards, bien en deçà de la moyenne de 7,4 milliards des 20 dernières séances, selon des données de Thomson Reuters. On compte 2.183 baisses contre 898 hausses sur le Nyse et 2.010 baisses pour 826 hausses sur le Nasdaq.

Sur le marché des changes, la déroute pétrolière a permis au dollar de progresser contre des monnaies telles que la couronne norvégienne et le rouble russe, très liées aux fortunes du marché de l'or noir.

En revanche, des rachats de découverts ont soutenu l'euro contre le dollar qui en outre progresse modérément face à un panier de devises de référence.

Les Treasuries pour leur part ont résisté à une adjudication de papier à sept ans décevante, dernière étape d'un refinancement du Trésor de 90 milliards de dollars, durant une séance qui fut sans volume et heurtée.

(Avec Sam Forgione et Tariro Mzezewa, Wilfrid Exbrayat pour le service français)

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