La dépouille de Nelson Mandela à Qunu avant le dernier hommage

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LA DÉPOUILLE DE NELSON MANDELA À QUNU
LA DÉPOUILLE DE NELSON MANDELA À QUNU

par Ed Cropley

QUNU, Afrique du Sud (Reuters) - La dépouille mortelle de Nelson Mandela est arrivée samedi à Qunu, le village de son enfance dans la province du Cap-Oriental, où elle a été acclamée par la population locale avec des chants et des danses à la veille de son inhumation.

Dans un vacarme d'hélicoptères de la police tournoyant dans le ciel, le fourgon mortuaire transportant le cercueil du héros de la lutte contre l'apartheid est entré sous escorte de motards dans le hameau situé au milieu des pâturages de la province du Cap oriental.

Des habitants ont entonné l'hymne national, "Nkosi Sikelel'iAfrika" (Dieu bénisse l'Afrique) au moment où arrivait le cortège venu de l'aéroport de Mthatha, à 700 km au sud de Johannesburg. Tout au long du trajet, la foule massée le long de la route pour rendre un dernier hommage à "Madiba" applaudissait.

"Après sa longue vie et sa maladie, il peut maintenant se reposer. Madiba est rentré chez lui. Son travail est terminé", a déclaré Victoria Ntsingo, une vieille dame venue voir passer le cortège, en appelant Nelson Mandela par un surnom employé par de nombreux Sud-Africains.

Le premier président noir de la "nation arc-en-ciel", décédé le 5 décembre à 95 ans, sera inhumé dimanche lors d'une cérémonie officielle en présence de quelque 4.500 personnes, parmi lesquels figureront des invités de marque comme le prince Charles d'Angleterre ou le révérend américain Jesse Jackson.

La France sera représentée par les anciens Premiers ministres Alain Juppé et Lionel Jospin, à la demande de François Hollande.

Nelson Mandela sera porté en terre dans le caveau familial selon les rites de son ethnie Xhosa et de son clan Thembu, avec les honneurs militaires.

Ces trois derniers jours, quelque 100.000 personnes sont venues s'incliner et se recueillir devant sa dépouille, exposée à l'Union Buildings, le siège du gouvernement, à Pretoria.

"PARS EN PAIX, TATA"

Samedi matin, le cercueil, enveloppé du drapeau sud-africain, de "Madiba" a été transporté à bord d'un fourgon noir vers la base aérienne de Waterkloof, près de Pretoria, d'où un avion militaire a décollé en fin de matinée pour Mthatha.

Des chants révolutionnaires de l'ANC, le Congrès national africain au pouvoir, ont retenti sur le tarmac où un nouvel hommage, très politique, était rendu au "camarade Mandela", plus politique que les précédentes cérémonies.

"Pars en paix, 'Tata', tu as rempli ta mission", a dit le président sud-africain Jacob Zuma, employant le terme de la langue xhosa désignant le père.

Rappelant le combat de Nelson Mandela contre l'apartheid, ses 27 années de prison, sa libération puis son investiture comme premier président noir de l'Afrique du Sud, il a ajouté: "Nous nous souviendrons toujours de toi."

Jacob Zuma, sifflé et conspué mardi lors de l'hommage organisé au Soccer City Stadium de Johannesburg, a scandé le slogan de l'ANC lors des années de lutte: "Amandla" (Pouvoir).

"Il nous faut d'autres 'Madibas' pour que notre pays puisse prospérer. Oui, nous sommes libres, mais les défis de l'inégalité demeurent", a poursuivi Jacob Zuma.

La veuve de Nelson Mandela, Graca Machel, ainsi que son ancienne épouse Winnie Madikizela-Mandela étaient présentes pour cette hommage organisé par l'ANC, tout comme des représentants d'anciens mouvements de lutte, comme le MPLA angolais ou le Sinn Féin nord-irlandais.

Avec Olivia Kumwenda-Mtambo; Henri-Pierre André et Jean-Loup Fiévet pour le service français, édité par Marc Angrand

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