« La démocratie peut gagner »

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Que répondez-vous à Sarkozy pour qui le gouvernement s'embarrasse d'arguties juridiques dans la lutte contre le terrorisme ? OLIVIER FALORNI. Je trouve difficile d'entendre un homme d'Etat considérer l'Etat de droit comme une argutie juridique. L'Etat de droit n'est pas un état de faiblesse mais un Etat de force. La situation de guerre que nous vivons n'est pas une guerre de religion, encore moins une guerre de civilisation, mais une guerre de systèmes : la démocratie contre le totalitarisme. La démotie peut et doit gagner. Certains à droite voudraient aussi des « Guantanamo à la française »... Le seul mot de Guantanamo pose déjà problème : il s'agit de lieux où on a retenu pendant des années des gens qui n'étaient pas jugés et qui y ont subi des tortures. Si c'est ça qu'on propose à notre pays, c'est non ! En revanche, on doit avoir des lieux de détention dédiés aux terroristes, c'est-à-dire des gens ayant été jugés ou se trouvant mis en examen pour terrorisme. Une démocratie a toutes les armes en main pour gagner, à condition de bien les utiliser. La remise en liberté de l'assassin du père Hamel est manifestement une grave erreur d'appréciation de la juge. La gravité de la situation n'impose-t-elle pas des mesures d'exception ? L'Etat de droit n'empêche pas les mesures d'exception que l'on connaît avec l'état d'urgence. Nous sommes aujourd'hui 60 millions de victimes potentielles du terrorisme. Cela justifie à mes yeux de faire quelques efforts pour abandonner provisoirement certaines libertés. J'accepte aujourd'hui les palpations avant d'entrer dans une salle de spectacle, ou d'ouvrir mon coffre de voiture, ce que je n'aurais pas accepté il y a cinq ans. Mais entendre dire que respecter la Constitution et l'état de droit, c'est se défausser de ses responsabilités, ce n'est pas ...

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