La demande de logements neufs marque à nouveau le pas

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Après un début d’année dynamique, les ventes de logements neufs ont baissé au troisième trimestre. La tendance pourrait se poursuivre en 2016 avec une stabilisation, voire un léger repli du marché selon le Crédit Agricole.

Après six mois de fort rebond, l’amélioration de la demande de logements neufs a subi un coup d’arrêt au troisième trimestre, les promoteurs faisant état d’un léger repli, selon l’enquête trimestrielle de conjoncture publiée mardi par l’Insee. Les perspectives de mises en chantier pour les trois prochains mois ont également fléchi au troisième trimestre - légèrement pour les logements destinés à la vente, plus fortement pour ceux destinés à la location - après s’être eux aussi nettement redressés depuis le début de l’année. Toutefois, les promoteurs sont presque aussi nombreux que dans la précédente enquête, publiée en juillet, à signaler une baisse de leur stock de logements invendus.

Résultat, dans son enquête trimestrielle sur la conjoncture dans l’artisanat du bâtiment, l’Insee fait état d’un climat qui se dégrade à nouveau après la légère embellie constatée depuis le début de l’année. Les chefs d’entreprises du secteur sont ainsi plus nombreux que dans la précédente enquête à annoncer une baisse de leur activité sur la période récente et, dans une moindre mesure, pour les trois prochains mois.

S’agit-il d’un vrai coup de frein ou d’un trou d’air passager après l’embellie de ces derniers mois? Au premier semestre, les ventes de logements neufs ont en effet progressé de 19 % sur un an (+16 % pour les maisons individuelles hors promoteurs), souligne une étude du Crédit Agricole. Les ventes de logement ancien ont également relevé la tête (+ 10 % au cours des 8 premiers mois de l’année). Les prix baissent eux de l’ordre de 2 % sur un an. Deux facteurs expliquent le rebond du marché: «Le plan de relance dans le neuf avec notamment le dispositif Pinel pour l’investissement locatif et l’élargissement du prêt à taux zéro (PTZ). Et le niveau très bas des taux de crédit immobilier, ce qui débloque ou accélère certains projets», justifie Olivier Eluere, auteur de l’étude.

Or, le soufflé risque de retomber. «L’immobilier reste affecté par des facteurs conjoncturels négatifs, tels qu’une croissance faible, un chômage élevé, l’impact des mesures fiscales de 2012/2013 et des prix élevés et encore surévalués», estime Olivier Eluere. Les crédits immobiliers, moins avantageux qu’aujourd’hui, devraient également affecter le marché. «Les taux d’intérêt devraient remonter peu à peu au cours des prochains trimestres, ce qui pourrait entraîner un certain attentisme et un tassement des ventes dans l’ancien», prévoit l’étude.

Résultat, «plutôt que de reprise, il vaut mieux parler d’un rebond en 2015, suivi en 2016, d’une stabilisation, voir d’un léger repli», prévoit l’économiste du Crédit Agricole. Selon ses prévisions, plutôt pessimistes, les ventes de logements anciens augmenteront de 10 % cette année, mais baisseront légèrement l’an prochain. Les prix devraient eux légèrement reculer de 1 % par an (-9 % entre 2011 et 2016). Le neuf devrait un peu mieux tirer son épingle du jeu: hausse des ventes de 17 % en 2015 et de 8 % en 2016.

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  • md24750 le mercredi 28 oct 2015 à 08:04

    Vite construits, mais vite sinistrés. Forcément, cela arrive aux oreilles des candidats à l'achat.