La délicate reconstruction du Népal a démarré

le
0

Alors que la mousson s’abat sur le Népal dès juin, les secours s’activent pour reconstruire le pays. Mais il reste particulièrement difficile de respecter des normes antisismiques dans une région aussi pauvre.

A peine sorti du deuil traditionnel hindou de treize jours, le Népal doit se lancer dans une reconstruction rapide. Il s’agit notamment de protéger la population des pluies de la mousson qui s’abattent sur le pays entre juin et septembre. Nombre de Népalais dorment toujours à la belle étoile, alors que le séisme a causé près de 8000 morts et provoqué la destruction ou de graves dégâts sur 600.000 maisons selon les chiffres des nations unies.

Au moins deux milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) seront nécessaires pour reconstruire habitations, hôpitaux, bâtiments administratifs et historiques, a déclaré le ministre des Finances, Ram Sharan Mahat, qui a appelé à l’aide les donateurs internationaux. «C’est juste une estimation de base et il faudra du temps pour évaluer l’ampleur des dégâts et calculer le coût de la reconstruction», précise encore le ministre. Le gouvernement va par ailleurs fournir une aide immédiate de 1.000 dollars aux familles des victimes décédées, ainsi que 400 dollars pour leur crémation ou leur inhumation.

8 millions d’habitants touchés

Les Nations unies estiment que huit millions d’habitants, sur les 28 millions que compte le pays, sont touchés à des degrés divers par le séisme, et au moins deux millions de personnes auront besoin de tentes, d’eau potable, de vivres et de médicaments au cours des trois mois à venir. La mission reste particulièrement délicate pour l’un des pays les plus pauvres de la planète.

«Les séismes sont beaucoup plus meurtriers dans les pays pauvres que dans les pays développés qui ont appris progressivement à s’en protéger», expliquait le chercheur Denis Hatzfeld dans un colloque il y a quelques années. Avec d’autres scientifiques, il montrait qu’un écolier a 400 fois plus de probabilités de mourir dans un tremblement de terre à Katmandou qu’à Tokyo.

S’il est clair que le Népal mettra longtemps à s’offrir les technologies de pointe disponibles au Japon, il pourrait même avec ses moyens limités être bien mieux protégé. «On sait que le surcoût antisismique est mineur (5-10 %) lors de la construction, alors que la réhabilitation d’ouvrages existants est souvent plus chère qu’une construction neuve», souligne le sismologue aujourd’hui retraité du CNRS. Des frais limités pour peu qu’il n’y ait pas détournement par corruption.

Il ne se montre pas très optimiste pour autant. «Tout pays pauvre aura des priorités, et elles ne seront pas dans la prévention sismique, explique Denis Hatzfeld. D’autant que prévention nécessite de la réglementation, ce qui implique une gouvernance. Or, dans un pays aussi dispersé que le Népal, ce n’est pas facile.» Autre problème: l’attente de la population pour une reconstruction rapide. «Bâtir rapidement veut souvent dire compter sur l’initiative individuelle, donc sans explication, sans apprentissage, avec les moyens du bord et sans vérification. Ce qui laisse peu d’espoir d’améliorer la situation à long terme.» Une équation complexe à gérer pour l‘aide étrangère à la reconstruction qui se déploie peu à peu sur place.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant