La défiance envers Hollande éclipse le bilan du quinquennat

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LE BILAN DU QUINQUENNAT HOLLANDE TERNI PAR LE SCEPTICISME
LE BILAN DU QUINQUENNAT HOLLANDE TERNI PAR LE SCEPTICISME

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - C'est le paradoxe, inédit dans la Ve République, de cette fin de quinquennat : la candidature du président sortant à sa propre succession est violemment contestée dans son propre camp, rendant inaudible le discours sur le bilan de sa politique.

Les dégâts provoqués par la publication de l'explosif ouvrage de deux journalistes "Un président ne devrait pas dire ça..." ont compromis le travail de fourmi entamé il y a des mois pour défendre les acquis du mandat de François Hollande.

Baisse du chômage sur l'année 2016, comblement du "trou" de la Sécurité sociale, relèvement de la note de la France par l'agence Standard and Poor's, poursuite des opérations militaires sur le théâtre irako-syrien, évacuation dans le calme du camp de migrants de Calais : autant d'avancées qui n'ont pas empêché le président de descendre à 4% de bonnes opinions dans un sondage publié cette semaine.

"C'est toute la contradiction de la situation, c'est l'effet paradoxal : le président de la République vit le moment sondagier et médiatique le plus difficile de son quinquennat, et il a les résultats les plus probants de son quinquennat", résumait mercredi sur LCP le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis.

La crise politique provoquée par les "confidences" du chef de l'Etat, "ça ne facilite pas le travail dans un moment où précisément les Français pouvaient observer que les engagements, les prises de position, les décisions prises par le président portaient leurs fruits", déplorait-il.

"QUI VA ALLER SE MOUILLER POUR LUI?"

Preuve que l'émotion n'est pas retombée au PS, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, décrit dans le livre comme dépourvu d'un "charisme considérable", a refusé d'assister au discours de François Hollande sur le centenaire de la naissance de François Mitterrand, mercredi au musée du Louvre.

Le quatrième personnage de l'Etat l'a fait savoir par son entourage, sévère à l'égard du président. "Hollande joue la montre en disant 'institutionnellement je suis maître du temps'. Mais il n'est pas le maître des électeurs", dit un proche. "Qui va faire la campagne ? Je sais qu'en Seine-Saint-Denis, les gens ne veulent pas distribuer pour lui".

Certains ministres ne sont pas moins déprimés.

"Maintenant, il y a le gouvernement et le président. On n'a pas mérité ça", juge l'un d'eux. "Les 'hollandais' ne peuvent plus maquiller la vérité. Qui va aller se mouiller pour lui à la primaire, qui va aller s'épuiser pour lui ?"

Invité à "s'expliquer" par nombre de ténors du PS, François Hollande s'est montré imperturbable mercredi au Louvre, où il a prononcé un discours à double sens sur la difficulté de gouverner malgré les "critiques" et les "outrages", subis avant lui par François Mitterrand.

Jeudi matin, il a défendu son bilan devant les artisans, et devait faire de même en fin d'après-midi sur le thème des banlieues, qui avaient massivement voté pour lui en 2012.

En attendant le choix du président quant à une éventuelle candidature, début décembre, les prétendants fourmillent pour récupérer les faveurs d'une gauche déboussolée, malgré les très minces chances de victoire l'an prochain.

Les ex-ministres Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, candidats à la primaire du PS en janvier, ont rejeté l'appel à l'unité lancé samedi le Premier ministre Manuel Valls, qui se pose lui aussi en recours.

Egalement sortis du bois, leur ancien collègue Emmanuel Macron et le candidat de "La France insoumise", Jean-Luc Mélenchon, font de bons scores dans les sondages d'opinion.

Le premier n'a toutefois pas encore fait acte de candidature, et le second pas réuni les signatures requises pour être officiellement dans la course.

"ALLER AU CHARBON"

Le bal des prétendants a aussi convié Ségolène Royal et Christiane Taubira, deux ex-candidates malheureuses à l'élection présidentielle.

"On cherche quelqu'un pour se sacrifier (...) Si c'était gagnable, on ne viendrait pas me chercher", a ironisé la ministre de l'Environnement.

De l'avis d'une de ses collègues, "Ségolène Royal peut rassurer les écologistes" tout en étant "la seule à avoir une proximité absolue avec Hollande. Elle le protège".

Quant à l'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira, certains la considèrent comme la seule à même de "rassembler le PS, et d'éviter un éclatement avant les élections" mais elle a dit de ne pas vouloir franchir le pas.

Poussé par ses proches et posé comme une hypothèse par Jean-Christophe Cambadélis, Manuel Valls s'affiche en garant de "l'espérance de la gauche", prêt à déjouer les "pronostics".

Une candidature du Premier ministre dans un contexte aussi éruptif peut être considérée comme risquée, voire sacrificielle pour un homme qui n'a jamais caché son ambition présidentielle.

Un député socialiste ayant déjà intériorisé un échec en 2017 la juge toutefois possible pour un homme dont la "personnalité le pousse à aller au charbon".

"S'il est juste le Premier ministre d'un président battu, il se 'fillonise'", analyse-t-il, en référence à l'ancien Premier ministre de l'ex-président Nicolas Sarkozy, François Fillon.

"Mais s'il reprend le drapeau laissé à terre, il est celui qui fera une proposition à gauche, celui qui préempte la case d’après, il peut faire une défaite honorable".

(Edité par Yves Clarisse)

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  • frivet il y a un mois

    "eclipse le bilan" ???? les gars de reuters ont du abuser du malt distillé !!!!!!!!!! de tous les côtés ce n'est que fiasco et calamités !!!!!!!

  • floalain il y a un mois

    La censure fonctionne à plein régime sur Boursorama!!!!

  • sibile il y a un mois

    le bilan de Hollande est désastreux ; la situation du pays est pire que quand il est arrivé, alors qu'il a bénéficié de circonstances très favorables

  • M2310631 il y a un mois

    Le bilan de Hollande n'est pas si mauvais économiquement et je craignais bien pire. La réforme incomplète de Macron et de la loi du travail allaient dans le bon sens. Mais les incroyables phrases contre les juges vont rester pour beaucoup comme pour moi une énorme ânerie qu'il sera difficile de dissiper. Hollande n'aurait pas du se fourvoyer là-dedans à la manière de l'extrême droite populiste.

  • SuRaCtA il y a un mois

    Le changement c'est maintenant !!!!

  • 300CH il y a un mois

    Mr 4 %, mdr, le prochain en 2017 va avoir des surprises "chômage, déficits, trou de la Sécurité sociale, etc..."

  • bearnhar il y a un mois

    Puisqu'il sait qu'il a perdu et qu'il a dit qu'il réformerait jusqu'au bout, jusqu'au dernier jour, il va tenir parole au moins une fois dans sa vie ou bien c'est irrémédiable ce gars est irrécupérable ? Je pense particulièrement aux environs 300 millions d'€ de subventions à la presse, une presse unanime qui lui crache dessus, il va les faire sauter, ou il a peur ? Mais je sais bien sur la réponse...rien du tout, c'est dramatique.

  • bearnhar il y a un mois

    Ils ne respectent pas la base de leur métier, le fondamental, tout fonctionnaire a obligation de dénoncer tout agissement délictuel dont il serait témoin, donc on imagine derrière l'administration de s'en saisir. Ca défaille sec dans ce pays, et qui s'en émeut, bah pas eux en tout cas, ça Twitte, alors ça pour Twitter ça Twitte, et ça s'arrete là.

  • bearnhar il y a un mois

    Ils vont engager des procédures ? Et là je laisse les pros faire, les pros et leur ribambelle d'avocats, moi j'ai pas les moyens. Mais vous savez ce qui va se passer ? Rien du tout. Donc, les agissements d'Hollande révèlent une chose encore plus grave, c'est qu'en face il n'y a personne...Les 577 députés, tous les partis, aucun ne va moufter. Alors je vais vous dire, des gens qui vous défendent comme ça, selon moi ils peuvent tous etres virés le peuple gèrera le pays aussi bien si ce n'est mieux

  • bearnhar il y a un mois

    Puisque vous etes tous attentifs et fins observateurs, j'imagine que vous etes choqués de les voir tous défiler sur les plateaux télés pour nous dire qu'Hollande a commis des actes qui dans d'autres démocraties lui vaudraient destitution ? Ce qu'il a révélé aux deux journalistes, des secrets défense, vous avez percuté, c'est bien. Maintenant, tous ces beaux parleurs font quoi, meme si ils n'obtiennent pas la destitution, ils vont la demander au moins, il vont engager des procédures ?